D.A.O.U

(Aztec Musique – 2026)  

Durée 44’51 – 13 Titres 

https://bretons-legroupe.com

Né de la rencontre de musiciens animés par un même désir de faire vibrer l’héritage breton à l’heure des guitares saturées, B.R.E.T.O.N.S s’est imposé en quelques années comme l’un des groupes les plus singuliers de la scène rock celtique actuelle. Leur nom, écrit en acronymes comme un étendard, dit déjà tout, une identité assumée, une culture revendiquée, et la volonté de la projeter loin des clichés folkloriques.

Dès leurs débuts, les membres du groupe ont cherché à concilier deux pulsations, celle des terres celtiques, avec leurs langues, leurs danses, leurs récits, et celle du rock, brut, frontal, électrique. Leur premier album posait les bases d’un univers hybride, où la tradition ne se contente pas d’être citée mais véritablement réinventée. Sur scène, B.R.E.T.O.N.S s’est rapidement forgé une réputation d’ouragan sonore, capable de fédérer autant les amateurs de festoù-noz que les fans de punk rock.

Avec son deuxième album, « D.A.O.U » (« deux » en breton), le groupe franchit un cap décisif. Plus dense, plus intense, plus engagé, il affirme une identité désormais parfaitement assumée, celle d’un rock celtique moderne, massif, ouvert sur le monde et ancré dans son histoire.

Dès les premières secondes, « D.A.O.U » donne le ton, B.R.E.T.O.N.S n’est plus un groupe en devenir, mais une formation qui avance à pleine puissance, portée par une production ample et une énergie live omniprésente. Les guitares saturées y sont reines, les rythmiques claquent, les mélodies s’élèvent comme des hymnes, et les langues, du Breton au Français en passant par l’Anglais, se répondent pour tisser un paysage sonore pluriel.

Le disque est porté par le single « Brest », un titre de Miossec revisité en un véritable hymne rock celtique. Là où l’original jouait la retenue, B.R.E.T.O.N.S injecte une dose d’adrénaline qui transforme le morceau en hymne idéale, fédérateur, puissant, taillé pour les foules.

Cette volonté de créer un album pensé pour le live irrigue tout « D.A.O.U ». Les arrangements sont massifs, les refrains conçus pour être repris en chœur, et chaque titre semble calibré pour déclencher une vague d’énergie collective.

L’une des forces de l’album réside dans sa capacité à faire dialoguer histoire et présent, mémoire collective et préoccupations contemporaines.

« Penn Sardin » s’impose comme l’un des moments les plus forts du disque. Inspiré de la grève des ouvrières sardinières de Douarnenez en 1924, le morceau réactive un épisode majeur des luttes sociales bretonnes et françaises, porté ici par une intensité rock qui lui donne une résonance nouvelle. « Idiocratie » des Kervegans et « Jamais Assez » de Digresk prolongent cette veine engagée, questionnant nos sociétés modernes avec une énergie sonore qui refuse la résignation.

Les titres « An Holl A Gevret » (Gweltaz Adeux) et « Mil Nozvezh Karantez » (EV) rappellent l’importance de la langue bretonne dans le projet du groupe, non pas comme un symbole figé, mais comme une matière vivante, capable de porter des morceaux rock d’une intensité rare.

Là où d’autres se contenteraient de juxtaposer influences celtiques et rock, B.R.E.T.O.N.S choisit la fusion totale. Le résultat est particulièrement saisissant sur « Farandolenn », un plinn spécialement composé pour l’album, qui mêle danse traditionnelle et riffs électriques sans jamais trahir l’un ou l’autre univers, et sur « Dans Gwadek » (Ramoneurs de Menhirs), qui pousse encore plus loin la rencontre entre punk breton et rock massif.

Les reprises survitaminées de « I’m Shipping Up To Boston » des Dropkick Murphys et de « Sally MacLennane » des Pogues) confirment l’ancrage du groupe dans une filiation celtique internationale, tout en y injectant sa propre signature.

Sur ses treize titres, « D.A.O.U » réussit le pari rare d’être à la fois un album de fête et un album de sens, un disque qui fait danser autant qu’il fait réfléchir. La production, ample et moderne, donne à l’ensemble un souffle épique, tandis que l’écriture tisse un pont entre héritage et contemporanéité.

Avec cette seconde tartine, B.R.E.T.O.N.S confirme son statut de groupe incontournable du rock celtique moderne. Plus intense, plus engagé, plus ambitieux, l’ouvrage marque une montée en puissance éclatante. Un disque vibrant, rassembleur, et sans concession, qui promet des concerts incandescents.

Si la Bretagne devait avoir une bande-son électrique en 2026, elle ressemblerait sans doute beaucoup à « D.A.O.U ».

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