Slidemaster
(MoMojo Records – 2026)
Durée 39’55 – 12 Titres
Guitariste, chanteur, compositeur et producteur, Rick Vito fait partie de ces musiciens dont la carrière traverse les époques tout en restant profondément ancrée dans l’âme du blues. Né en 1949 à Philadelphie, il s’impose dès les années 70 comme un accompagnateur recherché, capable d’apporter à chaque session ce mélange unique de finesse mélodique, de groove et de slide incandescent qui deviendra sa signature.
Sa notoriété explose lorsqu’il rejoint Fleetwood Mac entre 1987 et 1991, période durant laquelle son jeu illumine plusieurs albums majeurs du groupe, dont « Greatest Hits », « Behind The Mask » et « The Very Best Of Fleetwood Mac ». Son association avec Mick Fleetwood donnera naissance au Mick Fleetwood Blues Band feat. Rick Vito, dont l’album « Blue Again » lui vaut une nomination aux Grammy Awards en 2010 dans la catégorie Best Traditional Blues Album.
Après cette parenthèse prestigieuse, Vito poursuit une carrière solo prolifique et multiplie les collaborations avec les plus grands, Bonnie Raitt, John Mayall, John Fogerty, Little Richard, Leon Russell, Boz Scaggs, Roy Orbison, Jackson Browne, Todd Rundgren, Maria Muldaur, Bob Seger… Une liste impressionnante qui fait que son travail unique à la guitare a figuré sur des centaines d’enregistrements d’artistes légendaires du Rock & Roll et du Blues Hall of Fame…
Avec « Slidemaster », Rick Vito réalise enfin un projet que ses fans attendaient depuis longtemps, un album entièrement instrumental, consacré à son langage de prédilection, la slide guitar. L’album rassemble des titres inédits enregistrés récemment et une sélection de morceaux instrumentaux issus de ses précédents opus. L’ensemble forme une véritable anthologie personnelle, un panorama de ce que le slide peut exprimer lorsqu’il est confié à un musicien qui en maîtrise toutes les nuances, lyrisme, tension, sensualité, spiritualité.
Dès « Vegas Jump », le ton est donné avec un shuffle nerveux, lumineux, où la guitare glisse, rebondit, chante. Vito y déploie un toucher précis, presque vocal, qui rappelle que le slide n’est pas seulement un effet, mais un véritable mode d’expression.
« Steal Away » et « The Big Beat » plongent dans un blues plus profond, moelleux, où chaque note semble sculptée dans la cire chaude d’un vieux 78 tours. A l’inverse, « Red Hot Baby » et « Slide The Blues » montrent son versant le plus joueur, presque rock’n’roll, avec un sens du groove irrésistible.
Deux titres attirent particulièrement l’attention, « Albatross », reprise du classique de Peter Green, dont Vito fut l’héritier naturel au sein de Fleetwood Mac. Sa version est respectueuse, aérienne, d’une grande délicatesse, et « The Supernatural », autre clin d’œil à Green, qui baigne dans une atmosphère mystique où le sustain et les harmoniques créent un halo presque sacré. Puis l’album se clôt sur « The Lord’s Prayer », moment suspendu où la guitare devient prière, méditation, souffle.
« Slidemaster » n’est pas un album démonstratif. Rick Vito n’y cherche jamais la virtuosité gratuite. Il privilégie la mélodie, la respiration, la couleur, fidèle à ce qu’il revendique proposer, une collection pleine d’âme de morceaux instrumentaux de guitare slide … un style qu’il espère que le public aimera autant que lui peut l’aimer.
Le résultat est un disque élégant, cohérent, profondément humain. Un album qui rappelle que le slide, entre de bonnes mains, peut être l’un des instruments les plus expressifs qui soient. Avec « Slidemaster », le guitariste signe non seulement un hommage à toute une vie consacrée au blues et à la guitare. Un album à la fois intime et universel, qui séduira autant les passionnés de slide que les amateurs de belles mélodies.