NICKY T AND THE SNAKE CHARMERS

Ain’t wasting time

(Autoproduction – 2026)  

Durée 52’08 – 11 Titres 

https://www.facebook.com/NickyTSnakeCharmers

Nicky T & The Snake Charmers a quelque chose de profondément ancré dans la tradition, mais sans jamais être figé. Le groupe, emmené par le guitariste et chanteur Nicholas Tabarias, alias Nicky T, s’est imposé en quelques années comme l’un des porte-flambeaux les plus sincères d’un blues moderne, respectueux de ses racines mais nourri d’une énergie actuelle. Depuis leurs débuts, ils avancent avec une conviction tranquille, celle des musiciens qui ont passé plus de temps sur scène que dans les bureaux, et qui savent que le blues se vit avant de se raconter.

Autour de Nicky T gravitent des musiciens solides, interchangeables selon les tournées mais toujours choisis pour leur sensibilité, Andy Szymanski ou Chris Codish aux claviers, Frank Greenhalgh ou Alex Lyon à la basse, Pete Berg ou Todd Glasso à la batterie. Une section de cuivres de haut vol avec Keith Kaminski aux saxophones et Charlie Miller à la trompette vient régulièrement enrichir la palette sonore, tandis que des invités prestigieux comme Ronnie Earl, Josh Ford, Kurt Crandall ou encore le chanteur Greg Nagy apportent leur touche à un univers déjà bien affirmé.

Les parrains du blues ne s’y trompent pas, Ronnie Earl parle de Nicky comme de son fils adoptif, tandis qu’Anson Funderburgh salue un musicien fidèle à la tradition, confiant et inspiré. Une reconnaissance qui en dit long sur la trajectoire ascendante du groupe.

Avec « Ain’t Wasting Time », leur second album paru en 2026, Nicky T & The Snake Charmers confirment tout le bien que l’on pensait d’eux. Là où leur premier opus, « Life On Life’s Terms », posait les bases, celui-ci affirme une identité, une direction, et surtout une maturité musicale évidente. L’album s’inscrit dans la lignée des maîtres tels que B.B. King, Bobby “Blue” Bland, Magic Sam ou Ronnie Earl, tout en portant la marque d’un groupe qui sait où il va.

L’ouverture avec « That’s All I Need », reprise de Magic Sam, donne immédiatement le ton avec un groove souple, une guitare claire et expressive, un orgue chaleureux, et la voix de Nicky T, directe, sans fioritures. Greg Nagy apporte un soutien vocal qui renforce l’authenticité du morceau.

Le groupe enchaîne avec « Mistreating Mama », coécrit avec Nagy, où les cuivres s’embrasent et où Codish signe un piano nerveux. Le titre respire le Chicago blues modernisé, solide et vibrant. « Feels Like A Hundred » change de couleur pour un blues plus urbain, presque soul, porté par un texte qui évoque le décalage entre apparences et réalité. Le refrain, accrocheur, reste en tête longtemps après l’écoute.

Le groupe revisite ensuite « Guess Who », immortalisé par Jesse Belvin puis B.B. King. Greg Nagy y livre une interprétation habitée, soutenue par des cuivres somptueux qui rappellent les grandes heures du blues orchestral.

Parmi les moments forts, « The Glass » s’impose comme un sommet émotionnel. La guitare de Ronnie Earl, invitée de luxe, y déploie une sensibilité rare, tandis que Nagy chante avec une intensité presque douloureuse.

Le disque rend un hommage appuyé à Magic Sam avec l’instrumental « Thank You Magic Sam », où Nicky T laisse parler sa guitare avec une élégance remarquable. Le titre éponyme « Ain’t Wasting Time » revient pour sa part à un blues lumineux, presque optimiste, porté par un piano rayonnant.

Plus loin, « Waiting On The Sunshine » et « Lead Me On » prolongent cette alternance entre tradition et modernité, entre ferveur et douceur. Le second, chanté par Nagy, est un modèle de soul-blues maîtrisé. L’album se conclut sur « Life On Life’s Terms », titre phare du premier disque, revisité ici avec l’harmonica expressif de Kurt Crandall. Une manière de boucler la boucle tout en montrant le chemin parcouru.

« Ain’t Wasting Time » est un album généreux, sincère, superbement interprété. Nicky T & The Snake Charmers y célèbrent le blues dans ce qu’il a de plus noble, une musique de transmission, d’émotion, de vérité. Sans jamais chercher l’esbroufe, le groupe avance avec une assurance tranquille, porté par une écriture solide, des arrangements soignés et une passion palpable. C’est un disque qui confirme que Nicky T n’est pas seulement un héritier du blues mais qu’il en est désormais l’un des artisans les plus prometteurs.

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