CAHORS BLUES FESTIVAL 2026

CAHORS BLUES FESTIVAL
ESPACE VALENTRE – CAHORS (46)
Du 8 au 11 juillet 2026

https://www.cahorsbluesfestival.com

Le Cahors Blues Festival revient cette année avec une volonté claire, se refaire une santé en réduisant un peu la voilure pour mieux concentrer l’attention sur une thématique forte, celle des femmes du blues. Une édition plus intime, plus resserrée, mais d’une cohérence artistique remarquable. Le village, comme toujours, vit au rythme du festival, gratuit, ouvert, convivial, avec la rivière du Lot en toile de fond pour laisser place à la musique, aux rencontres, aux terrasses et à la douceur cadurcienne.

Mercredi 8 juillet : 

La soirée de préouverture du Cahors Blues Festival a lancé les festivités avec un rendez‑vous aussi convivial que pleinement ancré dans l’esprit blues. Sur la terrasse du V&B, déjà bien remplie avant le premier accord, le public a répondu présent pour accueillir Jake Calypso, venu en trio présenter une performance à la croisée du rock’n’roll originel et du blues le plus direct. Le groupe a proposé un set construit autour de ses références fondatrices, un blues brut, sans fioritures, porté par une voix qui garde ce grain si caractéristique, un rock vintage, énergique, nourri de l’héritage des pionniers, le tout servi par un trio parfaitement en place, capable de soutenir les accélérations, les ruptures et les improvisations qui font la signature du musicien.

La terrasse du V&B affichait complet, et l’ambiance n’a cessé de monter au fil du set. Le public, composé d’habitués du festival, de curieux et de passionnés, a rapidement adhéré à la proposition du trio par sa participation spontanée, des applaudissements nourris, une atmosphère chaleureuse et festive et quelques pas de danse improvisés entre les tables. Avec cette prestation généreuse, Jake Calypso a offert un moment fort, fidèle à l’identité du Cahors Blues Festival, proximité, authenticité, énergie et transmission. Une entrée en matière qui laisse présager une édition particulièrement vivante.

Jeudi 9 juillet :

A l’heure de l’apéritif, on se retrouve sur la Place Champollion pour un concert du Blues dans la Ville avec sur scène une formation que l’on connait bien puisque c’est le Fred Cruveiller Blues Band qui officie. Des artistes que l’on connait bien pour les avoir accompagnés, entre autres, à l’International Blues Challenge et dans le Mississippi en 2019. Proposant comme toujours un set carré et agréable, la formation toulousaine régalera l’assistance sous une chaleur caniculaire.  

Le festival ouvre officiellement avec The Third Trio, formation jeune mais déjà sûre de ses appuis, emmenée par Basile Veyries. Leur blues est un mélange de groove urbain et de tradition revisitée. Sur la scène village, ils installent immédiatement une ambiance chaleureuse avec une section rythmique souple, presque jazzie dans ses respirations, une guitare qui alterne riffs secs et envolées plus lyriques, et enfin un chant fort honorablement posé qui laisse la place aux instruments. Le public, encore en train de s’installer, se laisse happer par cette proposition élégante. On sent un groupe qui aime jouer ensemble, qui écoute, qui respire. Une entrée en matière idéale pour lancer l’après‑midi.

Avec Claire Aberlenc, on change de registre, place à une artiste qui mêle blues, chanson et folk avec une sensibilité rare. Sa voix, légèrement voilée, porte des textes où l’intime rencontre le paysage, où les émotions se déposent sans emphase. Sur la scène village, au bord du Lot, elle crée un moment suspendu grâce à guitare délicate, à arrangements minimalistes mais efficaces, à une présence scénique douce mais magnétique et à un invité spécial, Michel Herblin, qui viendra poser son harmonica sur quelques titres. Les spectateurs se rapprochent, se taisent, écoutent. Claire Aberlenc et son groupe transforment l’espace en cocon et leur set devient un des instants les plus poétiques de l’après‑midi.

Puis arrive Dawn Valley Messenger, formation plus électrique, plus rugueuse, qui ramène le blues vers ses racines américaines. Leur son est ample, nourri de slide, de rythmes swampy, de voix habitées. Le concert, porté par la lumière déclinante sur le Lot, prend des allures de road‑movie musical avec des riffs poussiéreux, des grooves lourds, des refrains qui sentent la route et les grands espaces. Le public, désormais plus conséquent, se laisse embarquer dans cette énergie brute. Une très belle montée en intensité pour conclure la partie gratuite du festival. Le temps de diner avec le staff et les bénévole et on s’installe dans l’Espace Valentré, climatisé pour le plus grand bonheur d’un public malheureusement peu nombreux. 

La soirée s’ouvre à 21 heures dans l’Espace Valentré avec Alice Armstrong, véritable révélation de la scène blues britannique, gagnante de l’European Blues Challenge à Split en 2025. Dès les premières secondes, elle impose sa marque avec une voix puissante, expressive, capable de passer du velours à la déchirure en un instant. Son concert est un modèle de maîtrise avec un groupe solide, précis, des compositions qui mêlent soul, blues moderne et éclats rock, et surtout une présence scénique irrésistible, entre humour, intensité et générosité. Alice Armstrong ne chante pas seulement, elle raconte, elle vit, elle partage. La salle, confortable et climatisée, devient un écrin pour cette performance d’une grande ampleur. Un moment fort de cette édition.

Pour clôturer la soirée à partir de 23 heures, Kathy Boyé, figure incontournable du blues français, entre en scène avec l’assurance d’une artiste qui connaît son public et son art. Sa voix, chaude et profonde, porte un blues nourri de gospel, de soul et d’une humanité immense. Le concert est un véritable voyage avec des harmonies vocales superbes portées par un chœur d’une dizaine de voix, avec une énergie collective qui emporte tout, et enfin avec des moments d’émotion pure, notamment sur les titres plus gospel. Kathy Boyé transforme la salle en lieu de communion. On chante, on frappe dans les mains, on se laisse traverser. Une conclusion lumineuse, généreuse, parfaitement à l’image de cette première soirée d’une édition dédiée aux femmes.

Le temps de saluer les amis, de regarder le score de l’équipe de France qui s’est qualifiée ce soir pour les quarts de finale de la coupe du monde de football et on regagne l’hôtel pour recharger les batteries …

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