Nine blues originals

(Autoproduction – 2026)  

Durée 38’31 – 9 Titres 

https://gilesrobson.com

L’harmoniciste britannique Giles Robson est devenu l’une des voix les plus singulières et respectées du blues contemporain. Adoubé par les géants, célébré sur les scènes du monde entier, Robson s’est imposé comme un héritier authentique d’un langage musical né loin de chez lui, mais qu’il habite avec une intensité rare.

La trajectoire de Robson tient presque du roman. Lorsque Mick Jagger lui-même s’enthousiasme pour son jeu incandescent au Mustique Blues Festival, le monde du blues comprend qu’un phénomène est en marche. Hohner Harmonicas le décrit comme l’un des plus grands virtuoses de l’harmonica blues au monde, tandis que le mythique label Alligator Records, temple du blues de Chicago le qualifie de géant du blues. 

Robson devient alors le seul artiste britannique à apparaître sur ce label historique. Il rejoint aussi un cercle rarissime, après Eric Clapton et Peter Green, il devient le troisième artiste britannique à remporter un Blues Music Award à Memphis, et le seul à avoir gagné un USA Blues Blast Award en dix-huit ans d’existence du prix .

Après deux albums d’interprétations devenus des références, « Seven Blues Classics » et « Ten Chicago Blues Classics », Giles Robson revient en 2026 avec un projet profondément personnel réunissant neuf compositions originales enregistrées en duo avec le guitariste Manny Fizzotti.

Le disque s’ouvre sur une promesse, celle de renouer avec l’intimité, la spontanéité et la finesse qui ont fait le succès de son spectacle « Up Close With The Blues », sold-out dix soirs d’affilée au Edinburgh Fringe Festival. Ces titres reflètent parfaitement le son de ce show devenu culte .

Manny Fizzotti, déjà salué pour son travail sur « Seven Blues Classics », apporte ici une guitare subtile, percussive, texturale. Le duo fonctionne comme dans une conversation intime, l’harmonica de Robson, tantôt puissant, tantôt délicat, se mêle à la guitare de Fizzotti dans une alchimie d’une grande élégance.

L’album s’articule autour de neuf pièces qui explorent les multiples facettes du blues, entre humour, émotion, hommage et introspection. « Cheap & Blended » ouvre le bal avec un groove sec et une écriture pleine de malice. « Me & My Righteous Girl » dévoile ensuite un Robson plus tendre, porté par un jeu d’harmonica d’une grande finesse.

« I Ain’t Got A Dog In That Fight » joue sur l’ironie et le storytelling, un terrain où Robson excelle. Puis « Town To Town (For Memphis Slim) » devient un hommage vibrant, Giles Robson y réinvente « Boogin’ & Bluesin’ » de Memphis Slim en y injectant ses propres souvenirs de route, à Chicago, à Memphis, dans le Mississippi.  

« Your Dirty Look & Your Sneaky Grin » et « The G.R. Shuffle », déjà plébiscités en concert, trouvent ici une nouvelle vie en version duo, plus dépouillée, plus directe. « Miss Heaven & Go To Hell » explore une veine plus sombre, presque théâtrale, et enfin, « Blues For Joe Louis Walker » clôt l’album sur une note profondément émotive, un instrumental dédié à son ami, mentor et frère de scène, Joe Louis Walker, dont Robson avait organisé la dernière tournée avant son décès en 2025.

L’album bénéficie d’un travail sonore remarquable signé Arnaud Fradin aux Mojo Hand Studios à Nantes et propose une qualité musicale qui rend justice à la chaleur acoustique du duo. Chaque note respire, chaque silence compte. On entend la pièce, le bois des instruments, l’air entre les musiciens.

« Nine Blues Originals » n’est pas seulement un retour à la composition pour Giles Robson, c’est une véritable déclaration d’amour au blues, à ses maîtres, à ses chemins poussiéreux, à ses histoires humaines. C’est aussi la preuve éclatante qu’un artiste européen peut non seulement comprendre cette musique, mais la prolonger, la nourrir, la faire vivre avec une authenticité qui force le respect.

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