Guellal Montréal
(CSB Productions – L’Autre Distribution – 2026)
Durée 46’17 – 12 Titres
Depuis plus de trente ans, Hocine Boukella, alias Sidi Bémol, trace un chemin singulier dans la musique algérienne et francophone. Né à Alger en 1957, installé en France depuis les années 1980, il s’est imposé comme l’un des créateurs les plus libres de sa génération, auteur-compositeur, chanteur, guitariste, dessinateur, caricaturiste, conteur… un artiste multiple, toujours en mouvement.
Fondateur du groupe Cheikh Sidi Bémol en 1992, il invente un style qu’on qualifiera de gourbi‑rock, mélange de rock, blues, musiques berbères, chaâbi, gnawa, et ballades celtiques. Une esthétique hybride, nourrie de voyages, de rencontres et d’une curiosité insatiable pour les traditions populaires.
Ses premiers albums installent une signature, un son qui circule entre les rives, des textes ironiques, parfois corrosifs, et une manière très personnelle de faire dialoguer les héritages algériens avec les musiques du monde.
Au fil des années, Boukella devient aussi un passeur, ambassadeur d’Amnesty International Algérie contre la peine de mort, conteur sur scène, explorateur des mythologies kabyles, amazighes et méditerranéennes.
Cette trajectoire, faite d’expérimentations et de fidélité aux racines, trouve aujourd’hui un nouveau chapitre avec son treizième album, qui marque trois décennies de création continue. « Guellal Montréal » est un projet qui ne pouvait naître que chez un artiste comme Sidi Bémol, un créateur qui écoute les résonances entre les cultures plutôt que leurs frontières.
Le point de départ est le guellal, percussion ancestrale du nord-ouest algérien, pilier des musiques populaires oranaises. Avec ses basses profondes et ses frappes sèches, il accompagne depuis des siècles les chants du melhoun, poésie scandée dans les cafés, les marchés, les fêtes populaires. Très jeune, Boukella est marqué par les maîtres du genre, notamment Cheikh Hamada, et perçoit immédiatement une parenté entre melhoun et blues, même intensité émotionnelle, même manière de transformer la parole en vibration.
Au fil de ses voyages au Québec, Boukella découvre les cultures autochtones, leurs musiques, leurs spiritualités, et surtout leur poésie. Les textes de Joséphine Bacon ou Natasha Kanapé Fontaine réveillent en lui une émotion familière, celle de la poésie berbère traditionnelle. Malgré la distance, il retrouve une relation commune à la nature, à la mémoire, au vivant. De cette intuition naît « Guellal Montréal », un dialogue entre langues, rythmes et imaginaires, où arabe, kabyle, français et anglais se mêlent naturellement.
Pour porter ce projet, il collabore avec le percussionniste et luthier Tacfarinas Kichou, rencontré à Montréal, qui partage cette passion pour les rythmes traditionnels du monde. Ensemble, ils développent une approche singulière du guellal, en concevant des instruments hybrides, nourris d’influences contemporaines et amérindiennes.
Le premier single, « Les Menottes », est disponible depuis début juin 2026, le second, « Chicoutimiya », est sorti à la fin du même mois et dévoile la couleur du disque, un groove profond, porté par le guellal, où les guitares tissent des lignes entre blues, folk et musiques traditionnelles.
« Guellal Montréal » n’est pas un disque conceptuel, c’est un album de transmission, un espace où les traditions dialoguent librement avec les sons d’aujourd’hui. Les chansons sont des traversées, elles racontent les ponts invisibles entre Algérie et Québec, entre mémoire ancestrale et création contemporaine. Elles portent une spiritualité douce, une manière de dire le monde en respectant ses mystères.
On y entend des contes autochtones, des fragments de melhoun, des riffs de guitare qui évoquent autant le désert que les forêts boréales. Le guellal, omniprésent, devient une boussole, il guide les voix, les langues, les respirations.
L’album sortira le 18 septembre 2026, accompagné d’un livre comprenant paroles, traductions et partitions et un concert de lancement aura lieu le 25 septembre 2026 au Cabaret Sauvage, promesse d’un moment rare où le guellal résonnera sous le chapiteau du Parc de la Villette. Qu’on se le dise !