Pensées vagabondes

(Baboo Music – 2026)  

Durée 29’03 – 7 Titres 

https://www.jcdupont.art

Auteur-compositeur-interprète québécois au parcours sinueux, JC Dupont pour l’état civil, mais Dupont à la scène, avance depuis des années comme un marcheur obstiné, un artisan de la chanson qui ne s’est jamais résigné à laisser ses doutes prendre le dessus. Sa trajectoire n’a rien d’un long fleuve tranquille, des périodes d’errance, des silences, des retours à la guitare comme on revient à une vieille amie, et cette manière très personnelle de transformer les failles en matière première artistique.  

Ce nouvel album, « Pensées Vagabondes », n’est pas seulement un chapitre de plus, c’est l’aboutissement d’un long chemin intérieur. Dupont le dit lui-même dans une phrase qui résume tout son état d’esprit : « Après tant d’années d’errances, de doutes, j’ai sorti ma guitare de son étui, changé les cordes, caressé son corps d’accords… ». On entend là l’homme derrière l’artiste, quelqu’un qui revient à l’essentiel, qui se reconstruit par la musique, qui cherche la vérité dans les mots simples et les mélodies franches.

Installé dans une esthétique folk-rock nourrie de ses racines nord-américaines, Dupont revendique aussi une sensibilité francophone assumée. Il ne joue pas à l’imitateur, il mélange, il assemble, il raconte. Et surtout, il s’entoure bien. Pour ce projet, il a travaillé dans les studios Baboo Music à Astaffort, sous la direction artistique d’Esthen Dehut, avec une équipe de musiciens reconnus, Denis Benarrosh à la batterie, Nicolas Fizman à la basse, Nicolas Auger aux claviers et Freddy Koella aux guitares et au violon. Une équipe taillée pour donner du relief à une écriture qui privilégie la sincérité à l’esbroufe.

Sorti le en juin dernier, « Pensées Vagabondes » rassemble sept chansons qui fonctionnent comme autant d’étapes d’un voyage intérieur. Dupont y explore les doutes, les rencontres, les souvenirs, les chemins tortueux qui façonnent une vie. C’est un album de confidences, mais jamais nombriliste, il parle de lui pour parler de nous.

Le premier extrait, « Des kilomètres d’enfer », donne le ton. Une énergie folk-rock immédiate, une pulsation qui avance coûte que coûte, et cette manière de transformer la fatigue en moteur. Le morceau est fédérateur, franc, sans artifices. Il annonce un disque authentique, généreux, où la mélodie sert le propos sans jamais le recouvrir.   

La réalisation d’Esthen Dehut met en valeur la voix de Dupont, légèrement patinée, habitée, qui porte les textes avec une émotion contenue mais palpable. Les arrangements sont sobres, élégants, jamais surjoués, une batterie qui respire, une basse qui soutient sans envahir, des guitares qui savent se faire tantôt caressantes, tantôt rugueuses. Freddy Koella, notamment, apporte une couleur essentielle, un grain, une sensibilité, une manière de faire chanter les cordes qui élargit l’espace du disque.

Chaque titre fonctionne comme une vignette, une scène, un souvenir. Dupont ne cherche pas la démonstration, il raconte. Il assemble des images, des sensations, des fragments de vie. On pense parfois à la folk contemporaine, parfois à la chanson francophone classique, parfois à une country discrète qui glisse dans les interstices. Mais ce qui domine, c’est la cohérence, un univers chaleureux, humain, profondément sincère.

Avec « Pensées Vagabondes », Dupont signe son troisième projet discographique et confirme une volonté claire, créer une chanson authentique, portée par la qualité des textes et la richesse des mélodies. C’est un disque qui ne cherche pas le spectaculaire, mais qui touche par sa justesse. Un album qui accompagne, qui réconforte, qui parle à celles et ceux qui avancent malgré les doutes. Un album de vie, tout simplement. 

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