Everyday is saturday
(Autoproduction – 2026)
Durée 37’28 – 10 Titres
Il y a chez Kat Riggins une intensité rare, une façon de faire vibrer le blues comme une pulsation vitale plutôt qu’un simple héritage. Originaire de Miami, elle a grandi entre gospel, soul et rock, avant de trouver dans le blues son langage le plus vrai, celui qui dit tout sans détour, avec la voix, le corps et le feu. Sur scène, entourée de son groupe, Her Blues Revival, elle ne se contente pas de chanter, elle prêche, elle célèbre, elle libère. Sa musique est un appel à la communion, à la sueur partagée, à la joie brute. Riggins s’inscrit dans la lignée des grandes voix du genre, de Koko Taylor à Shemekia Copeland, mais avec une énergie contemporaine, urbaine, presque militante, celle d’une femme qui revendique le droit de tout ressentir, de tout dire, de tout vivre.
Son nouvel album, « Everyday Is Saturday », sorti le 2 aout dernier, est une déclaration d’amour à cette liberté. Dix titres originaux qui respirent la fête, la catharsis et la fraternité. Le disque s’ouvre comme une porte sur un samedi éternel, ce moment suspendu où l’on oublie les contraintes de la semaine pour redevenir soi-même. Les textes parlent de lâcher prise, de connexion, de ces instants où la musique devient refuge et exutoire. On y retrouve des grooves chauds, des riffs de guitare qui claquent comme des rires, et cette voix, toujours à la frontière entre la tendresse et la rage.
Kat Riggins décrit son album comme la bande-son d’une soirée où les amis se retrouvent, où les inconnus deviennent famille, où chacun est libre d’être exactement ce qu’il est. Et c’est bien ce que l’on ressent à l’écoute, une ambiance de “rent house party” revisitée, où le blues classique se mêle à des accents modernes, sans jamais perdre son âme. Les morceaux invitent à danser, à chanter à pleins poumons, à pleurer sans honte et plus largement à vivre pleinement. C’est un disque qui rappelle que le blues n’est pas une musique de tristesse, mais de résilience et de partage.
Dès les premières mesures, Kat Riggins impose un ton, celui d’un blues incandescent, viscéral, mais ouvert à toutes les hybridations. « Everyday Is Saturday » s’écoute comme une traversée émotionnelle, un voyage entre la fête et la confession, entre la pulsation du groove et la gravité du vécu.
Chaque morceau est construit autour d’un équilibre entre tradition et modernité. Les guitares, souvent slide ou légèrement saturées, rappellent le Delta et Chicago, tandis que la section rythmique injecte une énergie funk et soul contemporaine.
Les arrangements sont pensés pour la scène, avec des breaks nets, des refrains fédérateurs, des ponts qui laissent respirer la voix. Riggins ne cherche pas la perfection technique, elle vise la sincérité émotionnelle. Sa voix, rauque et souple, passe du murmure au cri sans jamais perdre le fil. On sent qu’elle chante pour libérer, pas pour séduire.
« Everyday Is Saturday » est plus qu’un album, c’est un manifeste. Kat Riggins y rappelle que la joie, la liberté et la connexion ne sont pas réservées au week-end. Elles sont là, disponibles, chaque jour, pour qui veut bien les saisir. Et dans ce monde souvent trop lourd, elle nous offre un espace pour poser nos fardeaux et se souvenir qu’on ne les porte pas seuls.