Coast of light

(Bloodshot Records – 2026)  

Durée 43’29 – 11 Titres 

http://lukewinslowking.com

Né en 1983 à Cadillac, Michigan, Luke Winslow-King s’est imposé comme l’un des artisans les plus raffinés de la musique roots américaine, mêlant Delta blues, folk, ragtime, jazz et gospel dans une esthétique profondément marquée par la tradition. Très tôt, il joue dans le Luke Winslow-King Blues Band, avant d’étudier la guitare jazz à l’Interlochen Center for the Arts puis la composition classique à la University of New Orleans. 

C’est à La Nouvelle-Orléans, où il s’installe en 2001, qu’il forge son identité musicale, quinze années d’immersion dans les clubs, les rues de Frenchmen Street, les collaborations avec John Boutté, “Washboard” Chaz Leary ou Roberto Luti, et une compréhension intime de l’héritage afro-américain. Son parcours est également marqué par des épisodes personnels forts, dont un confinement en solitaire lié à une allergie sévère aux arachides, expérience qui inspirera le titre « Break Down The Walls »

Au fil des années, Winslow-King publie une discographie unanimement saluée, de « Old/New Baby » en 2009 jusqu’à « Flash-A-Magic » en 2024, et partage la scène avec Jack White, Taj Mahal ou Rosanne Cash.     

Installé aujourd’hui en Espagne, il poursuit une exploration musicale plus large, nourrie par les paysages andalous et les rythmes méditerranéens. Cette nouvelle vie inspire profondément son album « Coast Of Light », sorti le fin mars 2026. 

Avec ce nouvel effort, Luke Winslow-King signe l’un de ses albums les plus ambitieux et atmosphériques. Co-produit avec son complice de longue date Roberto Luti, enregistré au Jambona Lab Studios de Livorno, le disque assemble une équipe italienne composée de Simone Luti, Piero Perelli, Nicola Venturini et Giacomo Riggi, pour un voyage sonore transatlantique. 

L’album reflète son déplacement géographique et artistique, du Mississippi à la Méditerranée, du blues traditionnel à des textures plus aériennes, parfois psychédéliques. Les influences espagnoles, notamment celles de la côte de Cadix, surnommée, « Coast Of Light », infusent subtilement les rythmes et les couleurs harmoniques.   

Dès « Dangerous Blues », le single phare, Winslow-King montre qu’il reste fidèle à son jeu de guitare expressif et à son chant brut, mais qu’il cherche désormais à élargir le cadre du blues. Le morceau groove, respire, s’étire dans une ambiance plus moderne, presque cinématographique.  

« Shoot From The Hip » et « Don’t Worry Your Mind » rappellent ses racines, un blues solide, articulé autour de la slide de Luti et d’un sens du phrasé hérité de New Orleans. Mais le cœur du disque se situe ailleurs, dans ces espaces ouverts, ces arrangements aérés que l’on retrouve dans « As Far As We Know » ou « Silent Hour », où la voix de Winslow-King gagne en maturité et en nuance. 

La production, claire et chaleureuse, laisse chaque instrument respirer. On y entend un artiste qui n’a plus besoin de prouver sa maîtrise du blues, il se contente de le transcender, le déplacer, le réinventer.  

« Coast Of Light » est un disque de passage, de transformation. Winslow-King y explore les thèmes de la vie, de la perte, de l’espoir, de l’amour, mais aussi de la migration, qu’elle soit géographique, artistique, ou encore intime. Les paysages sonores évoquent un café en bord de mer, une soirée andalouse, un souvenir de New Orleans qui flotte encore dans l’air.  

Avec cet album, Luke Winslow-King confirme qu’il est l’un des musiciens les plus élégants et sincères de la scène roots contemporaine. Il ne renie rien de ses racines américaines, mais il les éclaire d’une nouvelle palette méditerranéenne. Le résultat est un disque riche, personnel, et profondément musical, un pont entre deux mondes, entre deux époques de sa vie.  

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