The lifer
(Autoproduction – 2026)
Durée 30’21 – 8 Titres
Né dans la région de Boston, Walk That Walk s’est imposé au fil des décennies comme l’un des groupes les plus constants et les plus respectés de la scène blues de la côte Est. Autour de Poppa C DeSnyder, guitariste, chanteur et compositeur à l’âme profondément enracinée dans l’électrique des années 50, le groupe a bâti une réputation solide celle d’un combo qui ne triche jamais, qui joue chaque concert comme si c’était le premier, et qui fait du blues un langage universel.
Leur histoire est faite de clubs enfumés, de festivals où ils ont partagé l’affiche avec des figures majeures du genre, et d’une fidélité rare à l’esprit originel du rhythm’n’blues. Walk That Walk n’a jamais cherché à moderniser le blues pour le rendre plus bankable, ils le vivent, ils le respirent, ils le transmettent. Leur son est brut, chaleureux, profondément humain.
Avec les années, le groupe est devenu une référence régionale, un pilier des scènes de Boston, du Vermont et du New Hampshire, et un compagnon de route pour des générations de musiciens. Leur force, une cohésion de groupe exemplaire, une science du groove, et cette capacité à faire danser n’importe quelle salle en quelques mesures.
Sorti en août, « The Lifer » est plus qu’un album, c’est une prise de position. Le titre lui-même dit tout, Poppa C est un « lifer », un musicien qui a consacré sa vie entière au blues, et ce disque en est la preuve éclatante. Il signe la majorité des titres, avec deux coécritures de Kim Madeleine et une reprise de Danny Kirwan, « One Sunny Day », clin d’œil élégant à l’héritage du blues-rock britannique. L’écriture est directe, sans fioritures, nourrie de vécu et de sincérité.
Enregistré entre The Pantry à Granville et Big Lake Studios à Moultonborough, l’album respire la proximité, le bois, les amplis chauffés à blanc. Roger Stauss signe un mixage clair et chaleureux, qui laisse toute la place aux guitares et à la voix de Poppa C.
Prami les moments forts, on retiendra « You Can’t Catch Me », un titre d’ouverture nerveux, qui pose immédiatement le décor entre riffs secs, groove implacable et voix pleine de caractère, ou encore « Stand Up, Don’t Quit », un morceau qui sonne comme un mantra. Le blues devient ici moteur, encouragement, énergie pure. « The Lifer » est bien évidemment le cœur de l’album, une chanson introspective, puissante, où Poppa C raconte sans détour ce que signifie consacrer sa vie à la musique. Et forcément « One Sunny Day », proposé dans une version lumineuse, respectueuse, qui montre la capacité du groupe à s’approprier un classique sans le dénaturer.
« The Lifer » se démarque du reste de la production par cette impression de live permanent. On entend les musiciens respirer ensemble, on sent la cohésion, la spontanéité. Walk That Walk ne cherche pas la perfection clinique, ils cherchent uniquement la vérité. Et ils la trouvent. Avec un tel ouvrage, le groupe signe un album fidèle à son histoire, sincère, solide, profondément blues. Un disque qui s’efforce de célébrer le genre, de le maintenir vivant, et de rappeler que le blues n’est pas une mode mais une manière d’être.
Un album pour les passionnés, pour les puristes, et pour ceux qui savent que le blues n’est jamais aussi beau que lorsqu’il est joué par des « lifers ».