Red dirt town
(EBF Records – 2026)
Durée 45’43 – 10 Titres
https://www.allen-forresterband.com
Né de la rencontre entre trois musiciens animés par une même passion pour les sonorités du sud américain, Allen‑Forrester Band s’est imposé en quelques années comme l’un des projets les plus authentiques de la scène blues‑rock européenne. A la voix et à la guitare, Josh Allen apporte ce grain brut, légèrement râpeux, qui évoque les longues routes poussiéreuses et les bars où l’on joue jusqu’à la fermeture. A ses côtés, Matze Böhm et Hendrik Herder, batteur et bassiste solides et instinctif, construisent une ossature rythmique qui ne faiblit jamais. Enfin, Ben Forrester, chanteur, guitariste, producteur et véritable moteur créatif du combo, façonne le son du groupe avec une précision artisanale.
Leur musique puise dans le southern rock, le blues, le roots, et cette culture du storytelling qui fait la force des formations du Sud des Etats‑Unis. Sans chercher à imiter, Allen‑Forrester Band absorbe ces influences pour en faire une matière personnelle, un mélange de chaleur, de mélancolie, de groove et de sincérité. Leur complicité, forgée sur scène et en studio, donne naissance à un son ample, organique, où chaque instrument respire.
C’est dans cet esprit que le groupe a enregistré son nouvel album, « Red Dirt Town », entre les FBK Studios de Nuremberg et le Sound Garden Studio de Neunhof, sous la direction artistique de Ben Forrester. Le mastering, confié à Christoph Beyerlein au Streetlife Studio, parachève un disque pensé comme une immersion totale dans un univers musical à la fois familier et profondément personnel.
Avec « Red Dirt Town », Allen‑Forrester Band signe un album qui sent la terre chaude, les nuits moites et les histoires qu’on raconte autour d’un feu. Le disque, annoncé pour le 2 octobre prochain, s’ouvre comme un carnet de route où chaque morceau est une étape, chaque riff une direction, chaque texte un paysage.
La production de Ben Forrester privilégie l’authenticité avec des guitares pleines, une basse ronde, une batterie qui claque sans excès. On retrouve cette esthétique live qui donne l’impression d’être dans la pièce avec eux. Rien n’est surjoué, rien n’est lissé. Le groupe avance avec une franchise musicale qui fait du bien.
« Misery Likes Company » est un titre sombre et captivant, porté par une ligne de guitare qui serpente comme une route de campagne. Josh Allen y livre une performance vocale habitée, presque douloureuse, qui donne au morceau une profondeur remarquable.
Derrière son titre évoquant l’American Dream, « White Picket Fences » dévoile une critique douce‑amère des illusions de façade. Le groove est irrésistible, la mélodie accrocheuse, et le refrain reste en tête longtemps.
« Little Breathin’ Reason » est l’archétype parfait d’une ballade sensible, lumineuse, où le groupe montre sa capacité à ralentir le tempo sans perdre son intensité émotionnelle. Le jeu de guitare y est particulièrement fin.
« Fifty » est pour sa part un blues moderne, nerveux, qui évoque les bilans de milieu de vie, les regrets, les envies de recommencer. Le morceau est porté par une rythmique implacable et un solo de guitare qui fait mouche.
« Red Dirt Town » n’est pas un simple exercice de style. C’est un disque qui raconte quelque chose, la vie, les doutes, les routes qu’on prend et celles qu’on évite, les gens qu’on croise, les souvenirs qu’on garde. Le quartet y déploie une maturité musicale évidente, sans jamais perdre cette spontanéité qui fait son charme.
L’artwork signé Nicole Forrester chez Nicole Visconti Designs complète parfaitement l’ensemble avec une esthétique chaleureuse, légèrement vintage, qui reflète l’âme du projet.
Avec cet album, Allen‑Forrester Band confirme qu’il est bien plus qu’un groupe de southern rock européen, c’est une formation qui comprend profondément l’esprit de cette musique et qui sait la réinventer avec ses propres couleurs. Un album solide, inspiré, sincère, qui trouvera sa place aussi bien chez les amateurs de blues roots que chez ceux qui aiment les récits musicaux qui sentent la vie.