Wait a minute

(Baco Publishing – 2026)  

Durée 41’51 – 12 Titres 

https://www.mazingo-music.com

Mazingo n’a pas vu le jour dans un garage, ni même dans un studio, mais tout simplement sur la route. Leur histoire commence à Paris, lorsque Andrew Mazingue, singer‑songwriter franco‑américain, croise la route d’Alexis Réoutsky, musicien globe‑trotter au parcours de saltimbanque. Très vite, ils prennent la tangente, sillonnant les kilomètres comme d’autres tournent les pages d’un roman. Les trajets deviennent des ateliers d’écriture, les haltes des laboratoires sonores.  

Le duo devient trio avec l’arrivée de Félix Bourgeois, batteur multi‑instrumentiste et compositeur de musiques de films. Avec lui, le son Mazingo s’affine, se densifie, trouve sa couleur et devient un mélange incandescent de blues, de rock, de folk et d’Americana, chanté en Anglais comme en Français, et porté par une énergie scénique qui fait mouche.  

Depuis son premier EP en 2020, le groupe avance vite avec deux albums, des scènes en France, en Pologne, en Roumanie, une reconnaissance croissante du milieu blues, un prix au Cahors Blues Festival, une victoire au Challenge Blues Français, et même un quart de finale à l’International Blues Challenge de Memphis en 2025.  

Sur scène, Andrew saisit avec sa voix rauque, Alexis apaise avec son timbre éthéré, Félix propulse avec une batterie bouillonnante. Le cocktail est brut, sincère, généreux. Un Mazingo à servir on the rocks, comme ils se plaisent à le souligner.

C’est dans cette dynamique que s’inscrit leur troisième album, « Wait A Minute », un disque qui condense leur identité tout en élargissant leur horizon. Avec lui, Mazingo signe un album qui ressemble à un carnet de voyage traversé de paysages, de visions, de mirages et de vérités crues. Une odyssée où se croisent amour, mort, héros et démons comme ils l’affirment, et c’est exactement ce que l’on ressent à l’écoute d’un disque qui explore les abîmes en détail pour mieux revenir ensuite vers la lumière.

Les douze titres dessinent un itinéraire mouvant, où les époques se mélangent et les horizons se superposent. On y croise des cuivres brûlants dignes d’un western mexicain, des cordes qui évoquent les Balkans, des paysages sonores qui rappellent les canyons de l’Arizona. Mazingo a la bougeotte, et l’album en est le reflet avec un voyage dans l’espace, mais aussi dans le temps.

Le fil rouge, c’est le besoin de respirer, de s’extraire du quotidien, de prendre littéralement une minute. Le morceau‑titre, enregistré en une seule prise en répétition, en est l’incarnation parfaite, brut, instinctif, presque accidentel, mais terriblement vivant. Une invitation à saisir l’instant, même quand tout déconne autour.

Mais on s’offre également quelques escales marquantes, avec « Time Flies » qui ouvre l’album comme une protest song moderne, portée par un violon et une voix invitée qui rappellent les duos folk mythiques, avec « Rattlesnake », un dirty rock’n’roll fiévreux, gominé au sax baryton, aussi suave que menaçant et qui mord immédiatement. « Save Me » explore les racines multiples du groupe, entre blues, rock, jazz et flow presque rap, dans une boucle hypnotique … 

« Amour Tropical », le premier titre en Français, mêle groove New Orleans, guitare accrocheuse et cuivres éclatants, tandis que « Safe Travels » touche par sa sobriété avec une forme d’adieu qui laisse pourtant la porte ouverte à la suite du voyage. Et puis bien entendu « How You Been » qui clôt l’album sur une note hillbilly teintée d’humour noir, entre tendresse et satire.

Enregistré entre Baco Studio et Studio Griset, mixé par Sam Navel et masterisé à Loud Mastering, « Wait A Minute » sonne chaud, ample, organique. On y sent la volonté de capturer l’instant plutôt que de le polir. Les textures sont rugueuses, les arrangements précis mais jamais figés. C’est un disque qui respire.

Avec son troisième effort, Mazingo confirme qu’il est l’un des trios les plus singuliers de la scène blues‑rock actuelle. Leur musique, nourrie de voyages, de rencontres et d’une soif de liberté palpable, trouve ici une maturité nouvelle sans perdre son instinct sauvage. C’est l’album qui donne envie de reprendre la route avec eux, un verre de mezcal dans une main et un serpent à sonnette dans l’autre !

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