Ursa major
(Label Les Monte En L’Air – 2026)
Durée 37’48 – 8 Titres
https://markus-41.jimdosite.com
Markus détient le secret de cette manière rare de faire dialoguer les horizons. Né dans une famille où les voyages comptaient autant que les silences, il a grandi en observant les instruments comme d’autres regardent les cartes du monde. Très tôt, le oud devient son compagnon de route, un instrument qu’il n’aborde pas comme un héritage figé, mais comme une matière vivante capable d’absorber les couleurs de toutes les musiques qu’il croise. Curieux, Markus explore les traditions du Moyen-Orient, les improvisations modales, les folklores qui se transmettent par gestes plutôt que par partitions.
Au fil des années, il développe un langage personnel, nourri autant par les maîtres du oud que par les pionniers du jazz européen et les explorateurs psychédéliques contemporains. Son parcours est celui d’un musicien qui refuse les frontières, il collabore, écoute, se déplace, et transforme chaque rencontre en une nouvelle direction artistique. Cette trajectoire, patiente et organique, trouve aujourd’hui un point d’équilibre avec « Ursa Major », un album qui condense ses influences tout en ouvrant un territoire inédit.
Annoncé pour fin octobre 2026, « Ursa Major » s’annonce comme l’un de ces disques capables de créer un espace à part, un refuge sonore où l’on respire autrement. Markus y convoque une constellation de références qui ne sont jamais des citations, mais des résonances, l’esprit des improvisations d’Henri Texier, la douceur hypnotique de Khruangbin, les lignes ancestrales évoquées par Hamza El Din.
Le cœur du disque repose sur un dialogue, celui du oud, instrument millénaire, avec la basse électrique de Jérôme Leclair et des synthétiseurs analogiques qui étirent le paysage vers des textures plus cosmiques. Cette rencontre crée une matière sonore mouvante, à la fois terrienne et céleste, où les mélodies se déploient comme des chemins anciens réinventés.
L’hommage à la « Grande Ourse » n’est pas qu’un titre poétique, c’est la colonne vertébrale du projet. Dans l’hémisphère nord, cette constellation a longtemps servi de repère, de guide, de promesse de direction. Markus joue avec cette idée, dans un monde où les étoiles se confondent désormais avec les satellites, où l’on cherche sa route en baissant les yeux vers un écran, « Ursa Major » propose de relever la tête. Le disque devient une invitation à retrouver un rapport plus instinctif au monde, à la nuit, à l’écoute.
L’intervention d’Étienne Jaumet de Zombie Zombie apporte une dimension supplémentaire. Ses spirales synthétiques, ses élans quasi rituels, ouvrent des portes inattendues dans la musique de Markus. Là où le oud trace des lignes, Jaumet dessine des vortex. Le résultat est un équilibre fascinant entre contemplation et transe douce, entre tradition et futurisme analogique.
« Ursa Major » n’est pas un disque démonstratif, c’est un voyage. Chaque morceau semble guidé par une étoile différente, mais tous convergent vers une même sensation, celle d’un mouvement intérieur. Markus y affirme une identité forte, sans jamais sacrifier la délicatesse de son jeu.
On y entend un musicien qui connaît ses racines mais refuse de s’y enfermer, un artiste qui préfère la trajectoire à la destination. L’album, avec ses textures chaudes, ses improvisations respirées et ses éclats synthétiques, s’inscrit dans cette lignée de projets capables de réconcilier le passé et le présent, l’intime et le cosmique.