Men are like potato chips
(Frank Roszak Promotions – 2026)
Durée 36’26 – 9 Titres
Née et élevée en Australie, Anni Piper s’est imposée au fil des années comme l’une des figures les plus singulières et attachantes de la scène blues contemporaine. Considérée dans son pays natal comme la First Lady of the Blues, elle cultive un style immédiatement reconnaissable avec une voix suave et profonde, un jeu de basse énergique, souvent pieds nus sur scène, et une écriture à la fois malicieuse, sensible et ancrée dans les réalités d’aujourd’hui.
Elle découvre la guitare à douze ans, mais c’est à quatorze qu’elle tombe amoureuse de la basse, instrument dont elle fera sa signature. A dix-neuf ans, elle décroche un Bachelor of Contemporary Music, avant de se lancer dans une carrière qui prendra rapidement de l’ampleur. Son premier album, « Jailbait , enregistré en 2004 comme une simple démo, attire immédiatement l’attention. Signé par Black Market Music, il remporte le prix du Best New Talent aux Australian Blues Music Awards, mais plusieurs autres distinctions nationales.
Les albums s’enchaînent ensuite avec pas moins de six ouvrages parus entre 2007 et 2020, confirmant le talent de compositrice et l’aisance scénique d’Anni Piper. Installée aux Etats‑Unis depuis 2014, elle a tourné dans quarante-cinq Etats, foulé les scènes du House of Blues ou du BB King’s et séduit la presse spécialisée internationale.
Son écriture, souvent teintée d’humour et d’une observation piquante des relations humaines, s’inspire autant du blues texan de Stevie Ray Vaughan, son premier choc musical, que de son propre vécu. Elle revendique un blues moderne, accessible, où l’émotion brute se mêle à une conscience sociale et à une pointe d’autodérision.
Avec « Men Are Like Potato Chips », Anni Piper signe son septième album studio, et probablement l’un des plus personnels et savoureux de sa carrière. Le titre, volontairement espiègle, annonce la couleur, celle d’un disque où l’humour flirte avec la lucidité, où les relations humaines deviennent matière à groove, et où la basse, son arme de prédilection, mène la danse.
Dès les premières mesures, on retrouve cette signature sonore qui fait d’elle une artiste à part, un blues charnu, chaleureux, porté par une voix capable de douceur comme de tranchant. Piper y déploie une écriture pleine de répartie, jouant sur les contrastes entre vulnérabilité et force, entre séduction et ironie. Ses textes, fidèles à sa réputation, observent avec tendresse et malice les dynamiques entre hommes et femmes, sans jamais tomber dans la caricature.
Musicalement, l’album s’inscrit dans la continuité de « Blow Up Doll », mais avec une maturité accrue. Le trio qu’elle mène sur scène trouve ici un écrin idéal : lignes de basse rondes et affirmées, guitares tantôt rugueuses tantôt caressantes, batterie précise et organique. On y sent l’expérience accumulée au fil de ses tournées américaines, cette capacité à captiver un public par un mélange de virtuosité et de proximité.
« Men Are Like Potato Chips » est aussi un album profondément actuel. Piper y aborde des thèmes universels comme le désir, la solitude, l’humour amoureux ou la résilience avec une fraîcheur qui rappelle que le blues n’est pas un musée, mais un langage vivant. Elle y affirme une fois de plus son talent de compositrice, capable de conjuguer tradition et modernité sans jamais trahir l’essence du genre.
Avec ce nouvel opus, Anni Piper confirme son statut d’artiste majeure du blues contemporain. A la fois accessible, drôle, sincère et musicalement solide, « Men Are Like Potato Chips » s’annonce comme un disque qui séduira autant les puristes que les amateurs de groove moderne. Une œuvre croustillante, addictive, et qui prouve une fois encore que la First Lady of the Blues n’a rien perdu de son mordant.