lundi, 04 mars 2013
It was all written (Léocas Records – Sterne – Sony Music – 2013) Durée 38’24 – 11 Titres http://www.kesiena.com  C’est assurément le choc de son arrivée en France à l’âge de treize ans qui a contribué à ce que Kesiena devienne musicien, le jeune Nigérian dont le nom en langue Urhobos signifie « enfin, il est arrivé » ayant été rapidement touché par la culture européenne mais aussi par les musiques venues du monde entier, la découverte des archives de Woodstock lui faisant prendre conscience de l’existence de la folk et du blues rock, une musique qui lui rappelait l’engagement de Fela et qui lui en montrait un des prolongements. Brillant étudiant, le jeune homme formera en parallèle ses premiers groupes dans les années 2000 et se verra rapidement taxé de Black Jim Morrison en raison de sa manière de vivre son art à 200 à l’heure. Complété par des expériences à Stockholm et à Berlin, le parcours musical de Kesiena l’attirera bientôt tout naturellement vers un répertoire où l’on croise en vrac Muddy Waters, les Doors, Neil Young ou encore Ben Harper, et c’est entre blues, blues rock, soul, funk, folk et rock psychédélique que l’artiste finira par faire son trou, remportant le Tremplin Ile de France au New Morning en 2008 et continuant son bonhomme de chemin jusqu’en 2011, année où il entre au Studio Davout avec aux manettes Jérôme Jouannard et à ses côtés quelques musiciens capés comme le guitariste Gunnar Ellwanger, le bassiste Aurélien Calvel ou encore le batteur Julien Audigier. A la sortie, il n’y a pas moins de onze morceaux dans la boite, des compositions qui nous transportent autant vers les seventies que vers l’avenir et dans lesquelles on sent poindre une grappe de nostalgie et une autre d’espoir, Kesiena évoquant avec la même habileté ses joies que ses peines, ses aspirations ou encore ses désillusions. Sans essayer de marcher dans le sillage de ses compatriotes devenus célèbres, les Keziah Jones, Ayo et autres Asa, le chanteur trace ici sa propre route et la définit clairement avec « On My Way », le premier morceau de l’album, persévérant rapidement avec des pièces dont il assume et revendique l’éclectisme comme « Love Is All I Have », « It Was All Written », « My Soul Is In Another Place » ou encore « A Lullaby For Liona ». Délicate ou au contraire plus puissante, voire même parfois rageuse, la musique de Kesiena prend aujourd’hui son envol sous la forme d’un album plein de nuances, un album qui ne manquera pas de révéler l’artiste à un public en quête permanente de ce genre de créations fortes et sincères ! C’était sans doute écrit quelque part … |