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Ecrit par Fred Delforge |
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samedi, 11 janvier 2014
Kali City (Home Records – 2013) Durée 50’34 – 13 Titres http://www.karimbaggili.be
Il est Belge mais ses origines viennent de Jordanie et de Yougoslavie, c’est sans doute pour cela que Karim Baggili qui a commencé à jouer de la guitare électrique à l’adolescence s’est pris à l’âge adulte d’une envie de travailler l’oud en autodidacte et de se servir de cet instrument traditionnel dans divers projets rock et world dont le moindre n’est pas ce nouvel album solo, « Kali City », dans lequel l’artiste rend un hommage appuyé aux musiques arabes pour lesquelles il a toujours ressenti des sentiments forts. Séparé en deux actes, le premier enregistré en compagnie des trois frères Joubran, guitaristes et joueurs d’oud, le second immortalisé avec son Arabic Band où l’on croise violons, percussions et autres voix, ce quatrième effort solo du virtuose nous emmène jusque vers ses racines jordaniennes au travers de compositions empreintes d’une part de tradition mais aussi et surtout d’une autre d’originalité et de modernisme. On apprécie le jeu rempli de sensualité, les dialogues qui s’établissent naturellement entre les cordes mais aussi entre les cordes et les percussions, Karim Baggili endossant avec beaucoup d’intelligence le costume du chef d’orchestre et pilotant d’une main de maître une suite de cinq pièces partagée avec le Trio Joubran mais aussi des morceaux comme « Fly To », « Arabic Circus », « Nuit Obelaetis » ou « Amar » qui font autant preuve d’imagination que d’ingéniosité. Trait d’union naturel entre la nature de l’artiste et sa culture, « Kali City » est une œuvre qui dépasse les modes et les époques et qui rapproche deux mondes avec tellement de sincérité que l’on adhère forcément au projet, d’autant qu’il est interprété avec un talent impressionnant ! Vous ne regarderez plus jamais les musiques du monde avec les mêmes yeux après avoir découvert ce nouvel album de Karim Baggili … |