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| ELECTRO BAMAKO à GUYANCOURT (78)
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Ecrit par Fred Hamelin |
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jeudi, 26 février 2015
ELECTRO
BAMAKO
LA BATTERIE –
GUYANCOURT (78)
Le 7 février
2015
http://www.electrobamako.com/
http://www.labatteriedeguyancourt.fr/
Marc Minelli est un bien étrange personnage. Un atypique
touche-à-tout, enfant du rock qui a grandi au son de la
scène punk, celle de Boston, puis du mouvement alternatif
français des années 80. Multi-instrumentiste et
autodidacte, il distille çà et là un
style inclassable, toujours renouvelé aux tendances
actuelles. Et c'est avec une certaine curiosité que je l'ai
découvert à la Batterie de Guyancourt, ayant
toujours eu vent de lui sans toutefois avoir pu mettre un nom sur sa
musique. On sent que Minelli sur scène innove même
dans l'instant, ose l'improvisation parfois, sans toutefois
dévier du sens original et du phrasé du morceau
en cours. C'est l'apanage des grands artistes nourris à
l'éclectisme et à la diversité
musicale... Et avec ce dernier combo né en 2002, il ne
déroge en rien à cette règle immuable
qui est tant de créer toujours en additionnant
harmonieusement les cultures que de surprendre par la justesse de cet
assemblage. Aucun choc des cultures cependant, mais plutôt
une fusion unique en son genre.

Electro Bamako est un genre exceptionnel de power trio qui transcende
la musique malienne dans ce qu'elle a de plus rock, aux confins des
rebellions perpétuelles et surtout à l'antipode
du classicisme folklorique. L'aventure commencée avec Mamani
Keita leur offre une reconnaissance internationale, le trio jouera
même au Summer Festival de Central Park, NY. Alors comment
définir l'Electro Bamako sans trop de mots. Difficile ! A
vrai dire c'est une rocky-afro-funky-punky party, parfois acoustique,
tantôt saturée. Même Peter Gabriel en
son Realworld Studio n'aurait pas rêvé mieux. Car
ce grand mix d'influences occidentales et africaines, d'une musique
séculière sur fond électronique, c'est
grande soupe d'éléments qui aurait pu se
révéler indigeste mais qui est devenu une osmose
parfaite dirigé par des artistes de génie.

Prenez Marc Minelli donc, aux guitares et voix, et offrez-lui Paul
Sidibé, digne remplaçant de Mamani Keita, aux
voix (chants en Bambaras) et kamele n’goni (sorte de luth
cousin de la Kora, mais à sept cordes), et Damien Traini,
spécialiste français non seulement du
djembé mais aussi du kamele n’goni, et dans un
grand ordinateur remixez le tout ! Un métissage
réellement étonnant ! Et trois musiciens sur
scène, car c'est largement suffisant tant ils occupent
l'espace, parce qu'il faut le dire, ça bouge certes dans le
public, mais autant sur les planches, et en tant que photographe, il a
fallu suivre ... Autant d'efforts fournis qu'un groupe de
métal.

Et l'on s'amuse des grands sourires de Paul, des mimiques de Damien et
du jeu quasi théâtral d'un Marc Minelli,
visiblement en transe. Un vrai bonheur autant visuel qu'auditif,
surtout que ce soir-là, La Batterie de Guyancourt a mis le
paquet sur les lights. Peu de place à la ballade ou aux
morceaux tendres, tout part sur les chapeaux de roues. Une impatience
propre au punk mais aussi à la danse africaine, à
l'image de leur tube « Demebaga Express » qu'ils
joueront deux fois avec le rappel, ou « Ti Ya »,
très rock. Çà et là vibrent
échos de calebasse, riffs énervés
d'une acoustique saturée, au rythme d'un djembé
aérien et hypnotique. Alors on en sort remué, on
garde pendant longtemps ces tics extatiques dus à l'overdose
survitaminée. On frôlera même
l'apothéose avec cette reprise de Talking Heads, «
Road to Nowhere » il me semble, chantée par
Minelli très en forme escorté par deux N'Gonis se
livrant bataille de cordes.

Electro Bamako est une vrai réussite, tant dans la forme du
projet et des divers registres musicaux puisés par Minelli
que du rendu scénique. Un cocktail plus
qu'intéressant puisque addictif, le public
présent ce soir-là vous le confirmera, et un
voyage thérapeutique qui nous a bien
réchauffé par ce froid polaire.
Fred Hamelin –
février 2015

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