mercredi, 01 octobre 2003
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"Oï oï oï...", tel
semble être le thème de cette soirée à
l'Elysée Montmartre ; un concert sold out pour les stars
californiennes du punk ! Effectivement, les punks sont de sortie
ce soir, mais une grosse partie est restée dehors faute
de place dans l'arène... Cinq ans que les Rancid n'avaient
pas foulé le sol français, et sept ans que j'attendais
de les revoir, après le puissant souvenir d'une première
partie des Rage Against The Machine en Mai 96 à Grenoble
! Whouuuu, putain, j'le sens bien ce concert... Yeeessss... Ce
qui frappe tout de suite dans la salle, c'est ce mélange
de public ; deux groupes, deux générations, donc
deux publics : moitié "Punks not Dead" génération
Clash et Pistols, moitié punks à roulettes génération
Blink 182 et Offspring ! Un joyeux mélange pour un joyeux
bordel...
Histoire de bien commencer et de donner un
ton très rock n' roll à la soirée, la sono
crache du bon Social Distortion, jusqu'à ce que les lumières
s'éteignent pour laisser apparaître sur scène
un groupe français à la lourde tâche : chauffer
cette putain de salle éclectique à souhait ! The
Hellboys essayent donc de mettre l'ambiance en jouant un punk
rock assez proche des Rocket From The Crypt et autres Specials.
Look costard / chemises 70's "léopard" et lunettes
de soleil "frime". Le chanteur, journaliste rock de
son état, cultive un petit air à la Mike Ness, mais
le rock n' roll-punk-sixties qu'ils dégagent peinera à
gagner les faveurs du public... Après 30 minutes de show,
seul leur dernier morceau, "Bank Robber", une reprise
des Clash, réussira à faire bouger l'immense fosse...
Dommage !
_20h30,
les AFI (A Fire Inside) envahissent la scène de l'Elysée
dans une espèce de mise en scène à la Marylin
Manson et sur une musique assez glauque... "Good Morning
Paris, France... We are AFI !..." J'étais très
curieux de voir en live ce groupe que j'avais découvert
aux "MTV Video Music Awards" quelques jours auparavant...
Ces glam-clowns androgynes et sur-maquillés avaient obtenu
un award pour leur clip "Girl's Not Grey" et m'avaient
laissé quelque peu sceptique quant à leur crédibilité.
Des clones de Marilyn Manson, à mi chemin entre les Cure
et Kiss côté look, et une sorte d'émo-rock
gothique fatiguant dès le deuxième morceau côté
musique ! Malgré les sifflets insistants tout autour de
moi, les fans, plutôt jeunes, sont bel et bien présents
et le show n'en demeure pas moins super énergique et mystérieux.
Et pour cause, leur spectacle semble super rodé, les affreux
ayant pris l'habitude de jouer sold-out outre-atlantique. L'ange
noir, alias Davey Havok, chanteur de son état est super
présent sur scène. Le groupe enchaîne donc
les classiques de son répertoire (déjà 6
albums au compteur), de "Ever And A Day" à "Leaving
Song Part II" en passant par le puissant "Death Of Seasons"
avec son riff techno ravageur ! Les fans sont super réceptifs
à la presta du groupe et ça pogotte et ça
slamme à tout va dans la fosse... Visiblement, ça
fonctionne ! Le chanteur over-tatoué et over-maquillé
se trémousse dans son tee-shirt moulant, s'égosille
dans son micro, alternant les hurlements et les moments plus calmes.
Le groupe est franchement dans son monde et malgré l'énergie
déployée, la communication avec le public est quasiment
nulle ! Le seul moment de communion un peu "extraordinaire"
sera la "marche de Dieu" de la diva Davey ; en plein
milieu du dernier morceau, "God Called In Sick Today"
: il se fera porter par ses fans, debout au dessus de la fosse,
tel le maître du monde ! Malheureusement, les jeunes fans
des premiers rangs n'ayant pas la carrure du nouveau gouverneur
de Californie, la fameuse marche est rapidement avortée...
Une presta acrobatique gentiment emprunté à Iggy
Pop à l'époque de ses Stooges... Puis trente longues
minutes après le début du show, le quatuor quitte
la scène sans franchement remercier le public... Ouf !
Place aux choses sérieuses, maintenant... Juste un petit
coup de gueule toutefois, avant de conclure sur ce groupe : hey,
les minots, quand vous sortez de l'école pour aller à
un concert d'AFI, faite au moins l'effort de laisser vos cartables
à la consigne, c'est super casse-couilles dans les pogos
! A bon entendeur...
Histoire de relever un petit peu le niveau
pendant la pause, la sono balance à nouveau quelques classiques
de Social Distortion...
_21h30,
les premières notes de "Rubi Soho" raisonnent
dans l'Elysée Montmartre, les Rancid sont sur scène,
fidèles à eux-mêmes : nonchalance exagérée
pour Tim Armstrong (qui se baladait tranquillou dans la fosse
pendant la presta d'AFI) et punk-attitude plus musclée
pour Lars Fredericksen... Les deux compères enflamment
la fosse, et la fête du pogo bat son plein pendant les deux
ou trois premiers morceaux. Après "David Courtney"
et "Fall Back Down", deux des bombes du tout dernier
album, l'ambiance se relâche quelque peu et le groupe peine
à retrouver une foule déchaînée...
Le rapide et efficace "Maxwell Murder" réveillera
un petit peu tout ça, mais le solo de guitare du morceau
nous montrera un Tim Armstrong un petit peu à côté
de la plaque, fatigué, ne jouant pas vraiment et chantant
avec parcimonie ! Dommage que le showman ne soit pas au mieux
de sa forme ce soir ! Du coup Lars Fredericksen déploie
toute son énergie pour combler le léger vide. Il
communique davantage avec le public et le supplie de foutre davantage
le bordel pour espérer entendre plus de morceaux... Chantage
chantage pour ces habitués des foules immenses !! Ils enchaînent
avec "Nihilism" puis "Lock, Step And Gone",
suivis de "Dead Bodies" chanté en intégralité
par le bassiste Matt Freeman ! Les morceaux sont courts, rentre-dedans
et super efficaces... Le groupe de Berkeley semble moins s'amuser
sur scène que lorsque je les avais vu il y a 7 ans, et
pour la petite anecdote, entre les morceaux, ces symboles "punks"
boivent de l'Evian et du Coca, et le tout dans un verre, surtout
pas à la bouteille !!!... Merde, ils sont passés
où les vrais rebelles ? Sur scène, quelques indices
nous rappellent que le groupe s'investit également dans
d'autres projets musicaux qui cartonnent : Matt Freeman porte
un tee-shirt "Lars Fredericksen And The Bastards", un
groupe vachement dans la mouvance rancidienne, et surtout, plusieurs
enceintes sont estampillées "The Transplants",
le nouveau groupe branché du moment réunissant entre
autre Tim Armstrong et le batteur des Blink 182... "Hyena"
puis "Salvation" raisonnent alors dans l'Elysée
Montmartre. Tim Armstrong continue de cultiver son attitude nonchalante,
tournant régulièrement sur lui-même en effleurant
sa guitare... Le groupe déserte alors la scène,
laissant Lars Fredericksen entamer, seul avec le public, "The
Wars End" a capella, puis avec sa gratte ! Le morceau est
finalement mois énergique que sur l'album, mais la performance
est franchement sympathique et super soutenue par le public !
Bravo Lars !... Le groupe revient alors à nouveau au complet
et Lars incite toute la fosse à partir dans un circle pit
géant pour les morceaux suivants, "Tenderloin",
et surtout "St Mary" ! Par son énergie, ce dernier
déchire carrément la fosse, et c'est à nouveau
le feu dans l'arène... Merci messieurs ! Faute de pouvoir
slammer depuis la scène ultra-protégée, les
cascadeurs se jettent sur le public depuis les piliers de L'Elysée.
S'en suivent alors les tubes "Roots Radical" et "Olympia
Wa"... Puis le leader de la soirée se retrouve à
nouveau en solo sur scène pour interpréter le tube
qu'il chante habituellement avec ses Bastards, "To Have Or
To Have Not". Prévu ? Pas prévu ? On ne saura
jamais... Toujours est-il que le morceau fera son petit effet
dans l'assemblée, juste avant que le reste du groupe ne
réapparaisse une nouvelle fois pour terminer sur "Journey
To The End Of The East Bay"... Les Rancid quittent la scène
sans que l'on soit vraiment sûr de leur retour pour un rappel
!? Et si, finalement, une ou deux minutes après leur déferlante
de hits, les revoici, prenant les commandes du carton "Time
Bomb". Ça pogotte à fond dans la fosse, le
public ayant tout à coup conscience que le show touche
malheureusement à sa fin ! Et s'il faut attendre encore
cinq ans avant d'espérer les revoir, c'est maintenant ou
jamais qu'il faut tout défoncer ! Ils enchaînent
alors sans temps mort sur ce qui aurait dû être la
dernière bombe de la soirée, "Radio"...
Cette conclusion aurait dû être génialissime,
mais c'était sans compter sur l'apparition de Davey Havok,
chanteur de AFI, et de sa voix à l'opposé de celle
de Tim Armstrong. Le gugus saute dans tous les sens, monopolise
la scène et le micro, au grand damne des fans de Rancid
! L'énergie est bel et bien présente sur scène,
mais ce final restera un petit peu en travers de la gorge de la
plupart des rancidiens. Un concert de sifflet s'improvise alors
dans la fosse et achève le show des californiens, avant
que les enceintes ne crachent à nouveau du grand Social
Distortion... Certainement pas le meilleur concert de Rancid,
mais un très grand moment de bonheur en face de ce groupe
beaucoup trop rare sur les scènes françaises ! En
espérant croiser un Tim Armstrong en meilleure forme la
prochaine fois...
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Compte-rendu
: Seb Ronjon / Photos
: Léonard -
Octobre 2003
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