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CAHORS BLUES FESTIVAL : MISSISSIPPI BLUES TRAIL CHALLENGE pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
mardi, 26 juillet 2022
 

MISSISSIPPI BLUES TRAIL CHALLENGE
CAHORS BLUES FESTIVAL – CAHORS (46)
Les 12 et 13 juillet 2022

https://www.cahorsbluesfestival.com

https://www.louismezzasoma.fr
https://www.facebook.com/thejakewalkers/
https://www.facebook.com/bluefeverofficiel
https://www.facebook.com/tworootsduo
https://www.theyellbows.com
https://www.littlebig6ster.com
https://thomasdoucet.com
https://www.facebook.com/slimpaulofficiel

Traditionnel rendez-vous lors du Cahors Blues Festival, le Mississippi Blues Trail Challenge accueillait cette année encore huit formations reconnues dans l’hexagone pour se départager dix prix de programmation proposés par autant de festivals et de structures françaises mais aussi internationales, autant d’opportunités pour les uns et les autres de se faire remarquer de manière un peu plus large et de se produire sur la scène Johnny Winter mais aussi, pour les plus chanceux, sur la grande scène du festival qui accueillait cette année en seconde partie de soirée deux pointures, Thorbjørn Risager & The Black Tornado et l’inénarrable Kingfish, jeune et brillant guitariste à la voix bien charnue, multi récompensé aux Grammy et aux Blues Music Awards et d’ores et déjà présenté comme le renouveau du blues !

Mais en attendant la finale du mercredi soir, c’est dès le début de l’après-midi du mardi et sous un cagnard difficilement supportable que les huit candidats se sont produits une première fois, avec pour Louis Mezzasoma Duo la lourde tâche d’ouvrir le bal devant un jury pas encore totalement rodé qui aura visiblement du mal à entrer dans une prestation souffrant des divers problèmes de son inhérents aux premiers participants. Dommage pour le jeune Stéphanois qui n’aura pas réussi à trouver la clé pour faire passer les émotions qu’il avait à partager, ce qui n’enlève rien à sa très grande valeur et à la qualité d’une musique qu’il distille copieusement toute l’année devant un public à chaque fois séduit !       

The Jake Walkers ont eux aussi une belle expérience de la scène et c’est en se montrant déterminé que le groupe va venir nous proposer un set qui souffrira peut-être de quelques petites baisses de régime à certains moments, Ady se montrant pourtant convaincante dans sa manière de s’adresser au public et de le faire participer, surtout quand elle se met à chanter dans la langue de Brassens avec un humour bien à elle et des rimes pleines de couleurs. A ses côtés, on s’en donne également à cœur joie avec Jessy, toujours aussi magistrale à la contrebasse, et avec Bastien qui ne boude pas son plaisir de se produire à la guitare avec deux musiciennes aussi talentueuses que sympathiques.

On poursuit avec les Parisiens de Blue Fever qui devaient se produire aujourd’hui en compagnie de Diabolo à l’harmonica mais qui ont dû revoir leurs plans, ce dernier ayant eu la mauvaise idée de se laisser attraper par un vilain virus qui perturbe les plans de tout le monde depuis maintenant plus de deux ans. Blue Fever est en pleine restructuration et ça se voit un peut, avec une chanteuse qui n’est dans le groupe que depuis quelques semaines par exemple et qui doit encore un peu ramer pour trouver sa place. Derrière elle, le groupe assure plutôt bien et parvient à donner le change en proposant un set très ouvertement teinté de rock, mais si l’art est totalement maitrisé, il faudra encore quelques rounds de préparation pour finaliser la manière ! A revoir après trois ou quatre concerts de plus derrière eux …  
 
Two Roots Duo vient de Bretagne et ne s’encombre pas de fioritures pour nous proposer un set qui plonge autant dans les racines africaines que dans les racines américaines d’un blues qui lui colle à la peau. S’ils avouent être en train de créer leurs propres compositions, Sophia au chant et Pierrick aux guitares se contentent pour le moment de se lancer dans des relectures de grands standards, mais tellement réappropriées que l’on tarde parfois un peu à retrouver à qui appartient l’original. La voix est de toute beauté, la guitare à la fois élégante et sauvage, et c’est en parfaite adéquation que les deux complices vont réussir à surprendre une assistance qui finira totalement sous le charme de ce duo qui se déplace incognito mais qui dispose d’ores et déjà d’un immense potentiel artistique !   

On change radicalement de registre avec The Yellbows, quartet entre rock band et brass band qui va nous emmener faire un tour du côté de New Orleans, mais en gardant une fraicheur toute française et en nous réservant quelques belles surprises. Emmené par son leader batteur chanteur et percussionniste, le quartet composé de pointures de la scène (inter-)nationale s’appuie avec une réelle réussite sur des guitares, banjos, trombones et autres soubassophones pour s’approprier une couleur très particulière et totalement maitrisée qu’il propose à un public qui n’en perd pas une miette, totalement mis en confiance par une musique qui se danse autant qu’elle s’écoute. Dommage que la chaleur ne se prête pas à la démonstration car il est certain que nous aurions eu notre lot de danseurs devant la scène !   

Ils ne passent pas inaperçu quand ils montent sur scène et c’est très bien comme ça puisque la musique de LittleBig6Ster n’est pas faite pour rester dans une boite, les Angevins étant trop généreux pour ne pas partager leur tribal rock teinté de trash, de folk et de blues avec un public qui traditionnellement apprécie non seulement le décorum et l’attitude mais aussi une musique qui déménage, et toujours dans le bon sens du terme. Virginie emmène le navire avec talent et détermination et à ses côtés, ses camarades de jeu habillent le tout en apportant des côtés progressifs, ethniques ou tout simplement rock à grand renfort de leurs congas, banjos et autres didgeridoos. Et si le côté un peu exubérant du quintet attire forcément l’attention du public, c’est sans discussion par son jeu et par son talent qu’il réussit à la garder jusqu’à la fin de ses prestations. On comprend mieux pourquoi LittleBig6Ster est régulièrement acclamé sur toutes les scènes de France !   

Thomas Doucet & The G-lights avaient représenté la France à l’International Blues Challenge en 2020 et c’est encore un peu plus soudé que le quartet était rentré de Memphis, avec une couleur soul encore plus affirmée et avec un album de toute beauté qui avait fini de faire de lui une des valeurs montantes de la scène blues française. Bien décidés à confirmer leur grande valeur, les Nantais vont ce soir nous sortir le grand jeu et nous mettre les poils avec des compositions écrites sur le fil du rasoir et avec des interprétations qui mettent parfaitement en avant la cohésion et le talent d’un groupe qui pense soul, qui respire soul et qui vit soul ! Il y a un je ne sais quoi de Stax et de Hi-Records chez ces quatre jeunes loups aux dents longue qui prête à penser que le groupe ira loin, ce dont on ne peut que se réjouir quand on sait à quel point chacun de ces musiciens est également une belle personne.  

Dernier groupe à se produire ce soir, Slim Paul Trio arrive sur les planches avec en poche un autre trophée récemment acquis, celui du Challenge Blues Français qui lui a ouvert les porte de l’International Blues Challenge où il se rendra pour représenter la France en janvier 2023. En attendant, c’est en montrant toutes ses capacités vocales est musicales que le trio nous envoie une fois encore le set qui dévaste tout sur son passage, mélange de worksong a capella, de gros rock aux limites du punk qui secoue le cocotier et de blues intelligemment distillé qui finit de faire rentrer Slim Paul dans l’Histoire du Blues en inspirant aux uns et aux autres ce qu’aurait pu être Robert Johnson s’il était né quelques décennies plus tard. Showman confirmé, le Toulousain associe le geste à la musique et c’est superbement entouré qu’il délivre ce soir encore le set imparable auquel le jury aura du mal à résister. 

A l’issue du dépouillement des votes, quatre groupes seront appelés à se produire le 13 juillet au soir sur la grande scène du Cahors Blues Festival, Slim Paul Trio, Thomas Doucet & The G-Lights, LittleBig6Ster et Two Roots duo, ces quatre formations se partageant les différents prix comme suit :

– Prix Châteaurenard Blues Rock Festival (Avignon) : Slim Paul
– Prix Léman Blues Festival (Annemasse) : Slim Paul
– Prix Benicassim Blues Festival (Espagne) : Thomas Doucet & the G-Lights
– Prix Thrill Blues Festival (Croatie) : Two Roots Duo
– Prix Salaise Blues Festival (Isère) : Little Big6Ster
– Prix Augustibluus Festival (Estonie) : Slim Paul
– Prix Vully Blues Festival (Suisse) : Little Big6Ster
– Prix France Blues : Two Roots Duo
– Prix Bluestracje Festival (Pologne) : Thomas Doucet & the G-Lights
– Prix Cahors Blues Festival : Slim Paul

Ce fut encore une grande et belle édition de ce Challenge qui, année après année, gagne ses lettres de noblesse auprès des festivals nationaux et internationaux. Un grand merci à toute l’équipe du Cahors Blues Festival pour son accueil et la perfection de son organisation.

Fred Delforge – juillet 2022