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Ecrit par Fred Delforge |
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mercredi, 10 août 2022
Medication time
(Dixiefrog – PIAS – 2022)
Durée 64’36 – 12 Titres
https://www.toddsharpville.net
https://dixiefrog.com
Né dans une famille noble britannique, Todd Sharpville n’en a pas
moins jeté son dévolu sur le blues, la musique du peuple, celle qui
lui a été insufflée par les trois King bien entendu, mais aussi par
T Bone Walker et autres Buddy Guy alors qu’il n’était encore qu’un
enfant. Pris sous l’aile protectrice de Joe Louis Walker à
l’adolescence, le jeune bluesman partira en tournée avec Ike
Turner et jouera avec Peter Green, Taj Mahal, Little Milton ou
encore Derek Trucks & Susan Tedeschi avant de proposer un
premier album en 1992, « Touch Of Your Love ». Récompensé aux
British Blues Awards dès ce premier effort, Todd Sharpville
poursuivra une carrière ponctuée pas des albums personnels parsemés
d’invités prestigieux mais aussi par des concerts et des premières
parties pour Joe Cocker, Pink ou encore B.B. King. Accompagné de
Bruce Bears aux ivoires, Brad Hallen à la basse et Mark Teixeira à
la batterie, rejoint par des guests comme Larry McCray aux voix et
aux guitares et Sugar Ray Norcia aux voix et aux harmonicas, le
chanteur et guitariste invite à l’occasion une section de cuivres et
se lance dans un album qui revêt ouvertement des accents
thérapeutiques, « Medication Time », sorte de flashback sur une
période douloureuse de sa vie durant laquelle il a été hospitalisé à
la suite d’une bataille juridique pour obtenir la garde de ses
enfants. Produit par Duke Robillard, ce nouvel effort marche
allègrement dans les pas d’un British Blues que l’artiste met à
l’honneur depuis au moins trois décennies et s’en vient nous
dévoiler un lot nourri de compositions bien fagotées mais aussi
trois reprises, « Walk Out In The Rain » de Bob Dylan reprise et
popularisée par Eric Clapton, le tubesque « Money For Nothing » de
Dire Straits revu et corrigé dans une version blues de toute beauté
et enfin le très swinguant « Red Headed Woman » de Bruce Springsteen
qui ne laisse personne de marbre. Le reste semble sorti du même
tonneau de moonshine en nous réserve de jolies morceaux de bravoure
avec « Tangled Up In Thought », « Brothers From Another Mother », «
God Loves A Loser » ou encore « Stand Your Ground » et bien
évidemment le tittle track qui nous emmène vers plus de huit minutes
d’un blues à la fois lent et pesant. Dans les bacs depuis la
première quinzaine de juillet, « Medication Time » s’avère être un
très bel ouvrage qui multiplie les couleurs et les saveurs et qui
laisse entrevoir de belles dates de concerts dans l’hexagone pour
les mois à venir.
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