lundi, 16 janvier 2023 Cui Cui (InOuïe Distribution – 2022) Durée 45’45 – 12 Titres
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C’est en faisant le pari de l’autodérision que Stéphane Deraddi a choisi de faire passer un message à la fois humaniste, écolo et engagé auprès d’un public qui jusqu’alors jetait son dévolu sur les lointains souvenir de Bobby Lapointe, de Georges Brassens ou encore de Boris Vian, voire parfois de Renaud. Que ce soit à la guitare ou à l’accordéon diatonique, le chanteur n’a pas son pareil pour façonner des mélodies à l’ancienne sur lesquelles il dépose des textes tantôt drôles, tantôt surprenants, tantôt empreints de petites tranches de vie piochées entre mélancolie et bouteilles jetées à la mer. Accompagné de ses fidèles compagnons de route, Pierre Luc à la contrebasse et Natale La Riccia à la batterie, rejoint à l’occasion par des cuivres, des bois, des cordes, un harmonica, un vibraphone ou encore un accordéon chromatique, Stéphane Deraddi construit sa poésie élégante sur des sonorités acoustiques et joue avec beaucoup d’habilité avec les mots et avec les rimes, évoquant avec autant de simplicité les inégalités sociales, les geeks, les filles des ports de pêche, la précarité, les joutes amoureuses ou encore les petits oiseaux, et la liste est loin d’être exhaustive. On soulignera la présence aussi discrète qu’efficace de Sanseverino qui pose sa guitare sur trois des morceaux et c’est avec une certaine délectation que l’on se prendra de plein fouet des hymnes en puissance comme « Vas-y Lazare, Trottine ! », « La cuisine et la chambre », « La complainte de la compagne de capitaine de chalut (Complainte bretonne) », « La conventionnelle (Le blues du cultivateur) » ou encore « Papy Boom Boom ». Des chansons simples et légères mais très bien construites et offertes avec une réelle élégance et beaucoup de sensibilité, il n’en faut pas plus pour que « Cui Cui » se fasse un place au soleil auprès d’un public amateur de belles choses dès sa sortie le 13 janvier !
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