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STEVE TALLIS pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
lundi, 10 février 2025
 

Memory ghost
(Zombi Music – 2024)
Durée 79’24 + 78’47 + 78’58 – 25 + 18 + 23 Titres

https://www.stevetallis.com 

Il est né en Australie mais a vécu un peu partout autour la planète et plus particulièrement aux Etat-Unis, en Amérique du Sud, en Europe et en Asie et s’il a fréquenté des artistes réputés comme Bob Dylan, Van Morrison, B.B. King, Joe Cocker, Tina Turner, Eric Burdon, Buddy Guy ou encore Mick Jagger, c’était autant pour se produire avec eux que pour assurer leurs premières parties. Tombé dans la marmite du blues alors qu’il était tout petit, Steve Tallis a grandi en écoutant les Rolling Stones, les Animals, Jimi Hendrix ou les Yardbirds à la radio, puis il est parti à la recherche des racines de toutes ces musiques pour finalement remonter jusqu’à leur source, en Afrique. Souvent appelé le Griot Blues Australien, le chanteur et guitariste est un personnage à l’aura puissante et à l’engagement permanent, ce qui le pousse à n’accepter aucun compromis quand il est question de sa musique, mais ce qui ne l’empêche pas pour autant de s’ouvrir en grand vers tout ce qui le touche ou l’interpelle. Marchant toujours à contre-courant des modes, Steve Tallis se gausse de tous ses contemporains qui abreuvent les bacs de singles ou d’EP et livre pour sa part cette année un triple album réunissant près de quatre heures de musique divisées en pas moins de soixante-six titres. On commence avec une première rondelle enregistrée entre la France et l’Australie dans le cadre d’un duo en compagnie du percussionniste Gary Ridge et on se laisse prendre au jeu d’une musique qui n’est pas sans nous ramener du côté des pionniers du genre comme Leadbelly, ou carrément vers des worksongs revues et corrigées de fort belle manière, avec en cours de route des traditionnels comme « True Religion », « The Devil’s On The Mainline », « You Gotta Move » ou encore « Gods Move On The Water ». On file ensuite vers le deuxième tome intitulé « Snake Of Desire » et on retrouve Steve Tallis dans un format électrique et en groupe avec à ses côtés Phil Bradley aux guitares, Hans Aage Deberitz à la basse et Yugon Chabanoff à la batterie, de quoi poser un gros bâton de dynamite dans la platine avec, entre autres, des pièces comme « It Never Entered My Mind », « Jezebel Is On The Prowl » ou « No Rest For The Wicked ». Comment en finir autrement qu’avec une troisième tartine enregistrée en solo dans une formule voix et guitare, à six et à douze cordes, pour un rendu plus authentique que jamais sur des brûlots comme « I’m Mad Again », « Jesus Hit Like An Atom Bomb », « Same Thing » ou « Don’t Let Your Right Hand Know ». Vous ajoutez à toutes ces bonnes choses un enregistrement en mono qui apporte un grain tout particulier aux morceaux et vous emballez le tout dans un superbe artwork réalisé en linogravure par Frédéric Voisin et vous obtenez bien plus qu’un simple album de musique, pour ne pas dire un véritable chef d’œuvre de blues à l’état brut, un « Memory Ghost » qui n’a pas fini de vous émouvoir et de vous émerveiller ! A installer en bonne place dans toute discothèque blues qui se respecte …