Accueil du portail Zicazic.com
European Blues Union


Zicazic on Twitter. Zicazic on Facebook.

Flux RSS ZICAZINE

Qu'est-ce que c'est ?

Accueil

> MENU
 Accueil
 ----------------
 Chroniques CD's
 Concerts
 Interviews
 Dossiers
 ----------------

BUDDY GUY pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
lundi, 28 juillet 2025
 

Ain’t done with the blues
(Silvertone – RCA Records – 2025)
Durée 63’48 – 18 Titres

https://www.buddyguy.net 

À l’âge où d’autres raccrochent sagement les guitares et bien qu’il ait annoncé qu’il arrêtait les tournées, Buddy Guy, légende vivante du Chicago blues, prouve qu’il n’a rien perdu de sa verve ni de sa flamme. Avec « Ain’t Done With The Blues », il signe un album incandescent, à la fois hommage vibrant à ses maîtres et manifeste personnel d’un artiste qui refuse de laisser le blues s’éteindre. Entouré d’un casting cinq étoiles où l’on compte entre autres Rob McNelley aux guitares, Chuck Leavell aux orgues, Kevin McKendree au piano et Tom Hambridge à la batterie, Buddy Guy déroule dix-huit titres où se mêlent souvenirs, riffs tranchants et confessions bouleversantes. Le premier single, « How Blues Is That? », en duo avec Joe Walsh, donne le ton : guitare rugissante, voix habitée, et cette capacité unique à faire vibrer l’âme en trois accords. Parmi les grands moments de l’album on évoquera forcément « Where U At », une rencontre puissante et enlevée avec Christone “Kingfish” Ingram, figure montante du blues moderne, véritable face-à-face générationnel entre les riffs furieux de Kingfish et la sagesse brûlante de Buddy Guy qui sonne comme une passation de flambeau respectueuse et électrisante. Mais l’émotion est elle aussi bien présente avec « Jesus Loves The Sinner », un morceau où l’on retrouve les Blind Boys Of Alabama qui nous emmènent sur un versant plus introspectif, entre blues et gospel avec une tension émotionnelle est à son comble et une spiritualité presque mystique. On remarquera également deux titres avec Joe Bonamassa, « Dry Stick » où les deux guitaristes croisent le fer dans un jeu de tension nerveuse, mais aussi « It Keeps Me Young » qui dévoile une facette plus douce, presque fragile, où Buddy Guy confesse que le blues est son élixir de jeunesse. On soulignera encore « One From Lightnin’ », un hommage sobre et acoustique à Lightnin’ Hopkins avec une guitare dépouillée et une voix qui tremble à peine pour nous offrir l’essence du blues à l’état brut. Produit par son complice Tom Hambridge, l’album est un voyage dans le temps et dans l’intime. Buddy y évoque ses racines, ses mentors, les Muddy Waters, Howlin’ Wolf et autres B.B. King, et cette promesse qu’il s’est faite, celle de garder le blues en vie. Et il le fait avec panache, entre ballades poignantes et morceaux uptempo gorgés de groove. Malgré le temps qui file, Buddy Guy continue de faire résonner le blues avec une intensité rare. Son nouvel album est bien plus qu’un simple disque, c’est un testament musical, un cri du cœur, une leçon de vie, c’est une déclaration d’amour à un genre qu’il a contribué à façonner depuis des décennies et un témoignage vivant de son feu intérieur. A découvrir dès le 30 juillet, le jour 89ème anniversaire de l’artiste !