mercredi, 30 juillet 2025 Songs from my soul (World Talent Records – Blind Raccoon – 2025) Durée 58’06 – 15 Titres
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Forrest McDonald n’est pas un bluesman à la carrière éphémère puisque depuis près de six décennies, il creuse le sillon d’un blues profond, chargé d’histoire et d’âme, tout en restant farouchement fidèle à ses racines musicales. Guitariste virtuose, auteur-compositeur passionné et chanteur à la voix rocailleuse, il fait partie de ces artistes qui n’ont jamais sacrifié leur intégrité sur l’autel des modes. Né au Texas en 1950, il a été bercé très jeune par le son des pionniers du blues, a croisé la route de Muddy Waters à 14 ans et a continué de tracer son propre chemin musical, entre boogie survolté, ballades mélancoliques et envolées jazzy. S’il est connu pour son solo mythique sur « Old Time Rock and Roll » de Bob Seger, c’est avec son propre groupe, le Forrest McDonald Band, qu’il déploie toute sa palette expressive. Son dernier opus, « Songs From My Soul », sorti en juillet 2025, en est l’illustration parfaite puisque l’artiste signe là un album d’une rare sincérité, loin des artifices de studio et en optant pour une approche minimaliste, parfois brute, mais toujours chargée d’émotion. Forrest McDonald chante la solitude, les affres liés à l’usure du temps, la résilience, mais aussi l’espoir qui transparaît de temps à autre entre deux accords. On y entend aussi une critique douce-amère de la société, entre résignation et lucidité. La grande majorité des morceaux a été enregistrée en solo, avec la guitare acoustique qui pleure, la voix qui vibre naturellement, sans filtre, et il s’en dégage une impression d’intimité, comme si l’artiste jouait dans votre salon, un soir sans lune. L’album s’ouvre comme une confession avec « On Your Life’s Road », entre réminiscences personnelles et désillusions collectives, puis « Blue Mood » apporte une légèreté teintée d’ironie, avec un groove lent et obsédant. « Misery and Blues », qui est sans aucun doute le sommet de l’album, creuse la douleur avec dignité, à la manière d’un B.B. King introspectif, avant que « Trouble In Mind », la relecture d’un classique des années 30, s’offre une seconde jeunesse grâce à un phrasé subtilement modernisé. A l’arrivée, « Songs from My Soul » est une sorte de journal intime en notes teintées de bleu, un témoignage d’artiste mûri par l’expérience, lucide sans être cynique. Forrest McDonald y prouve que le blues n’est pas un genre figé, mais un langage vivant, qui évolue avec celui qui le porte. Un disque à écouter au calme, de préférence la nuit, quand l’âme a besoin d’un miroir … |