mardi, 05 août 2025 Hill country blood (Strolling Bones Records – Blind Raccoon – 2025) Durée 43’53 – 10 Titres
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Il est parfois difficile de se faire un prénom quand on est le petit-fils d’un génie comme R.L. Burnside, figure emblématique du Hill Country Blues, et pourtant nombreux sont ses descendants qui y sont parvenus, comme Kent Burnside par exemple, guitariste et chanteur né à Memphis en 1971 et baigné dans le blues de son aïeul dès son plus jeune âge dans la ferme familiale de Holly Springs. Après des débuts aux côtés de Jimbo Mathus, le jeune Kent partira en tournée avec Buddy Guy et développera en parallèle son propre style, un blues hypnotique mêlant les blues du Hill Country, du Delta et de Chicago. Acclamé sur les scènes du monde entier et tout particulièrement en Europe, Kent Burnside revient cette année avec un nouvel album, « Hill Country Blood », un effort produit par Boo Mitchell et enregistré en compagnie de Garry Burnside à la basse, Jake Best à la batterie et Damian Pearson aka Yella P aux harmonicas. Bien plus qu’un simple album de blues, « Hill Country Blood » est une déambulation incantatoire dans les racines du Mississippi, portée par la voix granuleuse et la guitare hypnotique d’un artiste qui nous présente huit pièces originales mais aussi deux reprises de John Lee Hooker et Junior Kimbrough qui rendent hommage à ses racines tout en affirmant sa propre voix. Affichant un son brut et viscéral, l’ouvrage nous plonge dans une atmosphère moite et entêtante, le bluesman ne cherchant pas à lisser son héritage musical mais au contraire à le brandir fièrement comme un étendard avec des riffs tendus comme des arbalètes et des percussions hypnotiques. On s’accordera à saluer des versions très réussies de titres comme « Except You Better Run » et « Crawling King Snake » mais c’est avec des pièces en forme de transe chamanique comme « Cold Dirt Road » ou encore « Swamp Medicine » que l’artiste marque des points en mettant son cœur et son âme sur la table et en se faisant le passeur d’une musique et d’une tradition, le témoin de la vie rude dans l’Amérique profonde qui a choisi de chanter son quotidien fait de poussière, de larmes et de sang pour qu’on ne l’oublie jamais. Une œuvre au sens le plus large du terme qui parlera autant aux puristes du blues qu’aux amateurs de rock ! A découvrir dès le 15 aout. |