vendredi, 15 août 2025 Sleeping while the river runs (Sleeping Dog Records – Blind Raccoon – 2025) Durée 57’34 – 17 Titres
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Mother Blues est un groupe de blues originaire de Chicago, réputé pour sa maîtrise des fusions musicales, mêlant avec brio blues, soul et jazz. Gerald McClendon, surnommé le Soulkeeper, en est le chanteur principal et on le reconnait pour sa voix riche et expressive qui est influencée par les légendes de la soul comme Otis Redding ou encore Marvin Gaye. Paru il y a deux décennies, leur album phare « Sleeping While The River Runs », est un véritable hommage à la scène blues de Chicago et n’a pas pris la moindre ride, ce qui lui vaut d’être réédité cette année, parallèlement à la remise d’un Jus’ Blues Music Award à Gerald McClendon. Aux côtés du chanteur, le groupe réunit des musiciens expérimentés, notamment le guitariste-compositeur Steve Bramer, mais également Jerry Soto aux claviers, Gordon Patriarcha à la basse, Gikas Markantonatos et Jim Barclay à la batterie et Baabe Irving aux cuivres, les chœurs étant assurés par Carole Baskin, Lara Jenkins et LaShann McNicholas. Dans un monde où le blues est parfois cantonné à ses racines, Mother Blues et Gerald McClendon réussissent avec brio à en renouveler les contours tout en honorant son essence. Avec la réédition de son chef d’œuvre, Mother Blues livre une œuvre intensément émotionnelle, pétrie d’authenticité et portée par la voix magnétique de son frontman. Chaque morceau résonne comme une confession dans laquelle McClendon incarne les textes. Son timbre évoque la moiteur des clubs intimistes et les douleurs universelles du cœur humain, avec des titres comme « Pass You By » ou « Chalk Line » qui illustrent cette dualité entre tendresse et férocité, entre poésie et lucidité. Écrit principalement par Steve Bramer, l’album déploie des titres aux arrangements raffinés, où le blues se mêle à la soul, au gospel et même à des intonations rock. Chaque morceau explore un paysage émotionnel distinct, « Glory Train » frôlant la transcendance spirituelle tandis que « Bed Down » plonge dans les affres d’un désir introspectif. McClendon ne se contente pas de chanter, il porte fièrement une mission. Son engagement dans la transmission du rhythm’n’blues et du blues aux générations futures se perçoit dans chaque nuance vocale. L’album devient alors bien plus qu’une écoute agréable, c’est une expérience, un dialogue entre passé et présent, entre douleurs vécues et espoirs murmurés. Voilà une œuvre mature qui démontre que le blues est loin d’avoir dit son dernier mot ! |