vendredi, 22 août 2025 Shades of trouble (Tonebucker Records – Frank Roszak Promotions – 2025) Durée 42’41 – 12 Titres
https://www.kyleculkin.com
En véritable troubadour moderne, Kyle Culkin est un artisan des sons qui sillonne les routes avec sa guitare comme boussole et ses chansons comme journal de bord. Né du blues, élevé par le folk, nourri au rock et à la country, il tisse des récits où l’humour côtoie les cicatrices de la vie. Invité à chauffer les planches pour B.B. King lors la tournée de son quatre-vingtième anniversaire, son jeu de guitare sera salué par le légendaire bluesman pour sa précision, sa sincérité et pour la manière dont il est délivré avec parcimonie. Surnommé The Americana Shotgun, le chanteur et guitariste américain joue un peu comme on parle à un ami, avec justesse, chaleur et un soupçon de malice, et c’est en compagnie de Buford T. Shagnasty à la basse, Jamieson Trotter aux claviers, Karl Hunter au saxophone et Adam Gust à la batterie qu’il a dévoilé le 8 aout dernier son tout nouvel album, « Shades Of Trouble », paru chez Tonebucker Records. Avec cette nouvelle rondelle, Kyle Culkin poursuit son exploration des terres musicales américaines avec une aisance déconcertante. Ce quatrième album studio est une ode à l’Americana dans sa forme la plus libre, un mélange de blues, de soul, de country et de rock roots, porté par une écriture directe et par une production organique. L’artiste y tisse un univers sonore riche, mais jamais surchargé. Le groove est là, les cuivres claquent, les guitares mordent, et l’orgue Hammond B-3 de Jamieson Trotter ajoute une chaleur vintage à l’ensemble. Le morceau-titre donne le ton d’entrée de jeu avec un bon rock nerveux et cuivré où Culkin chante ses démons avec une ironie mordante. La reprise de « You’ve Been In Love Too Long » de Martha & The Vandellas est une pépite soul mid-tempo pleine de nostalgie et de retenue. « She’s Evil », coécrit avec Jeff Jensen, dont Kyle Culkin a été le guitariste de tournée, est un funk-blues grinçant, tandis que « Wishing Well » plonge dans les confessions d’un homme cabossé, entre whisky et regrets. L’instrumental « Alora Rose » offre pour sa part une respiration lumineuse, mettant en valeur la finesse du jeu de Culkin. Mais ce qui frappe avant tout, c’est la sobriété de l’écriture. Culkin ne cherche pas l’effet, il vise le cœur. Ses textes sont courts, incisifs, souvent teintés d’humour noir ou de lucidité crue. Il y parle de ce qu’il connaît, les routes, les bars, les amours bancales, les excès, et il le fait avec une honnêteté rare pour finir de livrer un album dense, sincère et profondément humain. Un disque à écouter en voiture, tard le soir, ou confortablement assis avec un verre à la main, quand on a besoin de musique qui parle vrai. |