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MONSTER MIKE WELCH pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
samedi, 23 août 2025
 

Keep living till I die
(Autoproduction – 2025)
Durée 52’26 – 13 Titres

https://monstermikewelch.com 

Né en 1979 à Boston, Mike Welch découvre très tôt sa passion pour la musique grâce à la collection de disques de son père mêlant le blues classique et le rock britannique. À seulement huit ans, il apprend la guitare, et dès l’âge de onze ans, il fréquente les jams blues locales, côtoyant des légendes comme Ronnie Earl et Luther “Guitar Junior” Johnson. À treize ans, lors de l’ouverture du premier House of Blues à Cambridge, il partage la scène avec Junior Wells et Joe Walsh. L’acteur Dan Aykroyd, cofondateur du club, le surnomme alors “Monster Mike”, un nom qui ne le quittera plus. En 1992, il forme le Monster Mike Welch Band et confirme son talent précoce, devenant rapidement un pilier de la scène blues internationale en jouant aux côtés de Duke Robillard, Johnny Winter, Shemekia Copeland, Sugaray Rayford et bien d’autres encore. En 2001, il rejoint Sugar Ray & the Bluetones avec qui il enregistre cinq albums et reste jusqu’en 2017, année où il fonde Welch Ledbetter Connection avec le chanteur Mike Ledbetter, un duo salué par la critique qui accumule sept nominations aux Blues Music Awards en un an. Après avoir surmonté le long Covid et perdu sa mère, Welch transforme ses douleurs en matière sonore et revient cette année avec « Keep Living Til I Die », un album intense et personnel qui marque un tournant dans sa carrière. Produit par Kid Andersen et enregistré au célèbre Greaseland Studio, ce disque s’impose comme l’un des plus aboutis de l’artiste, tant sur le plan émotionnel que musical. Le morceau titre donne le ton avec un blues nerveux, porté par une guitare tranchante et une voix plus affirmée que jamais. Loin des clichés, Welch livre un témoignage sincère, sans pathos, mais avec une intensité palpable, avec treize titres, dont six originaux coécrits avec l’harmoniciste Nick David et des reprises choisies avec soin et revisitées avec audace comme « Hell Hound On My Trail » de Robert Johnson qui prend une dimension électrique et collective, tandis que « Good To Me As I Am To You » d’Aretha Franklin devient un instrumental poignant où la guitare de Welch remplace la voix avec une expressivité remarquable. Entouré de musiciens chevronnés, Brooks Milgate aux claviers, Brad Hallen à la basse et Fabrice Bessouat à la batterie, Welch bénéficie d’un accompagnement précis et inspiré. Les arrangements sont sobres mais efficaces, laissant toute la place à la guitare, qui reste le cœur du projet. Kid Andersen à la production apporte une touche vintage sans tomber dans la nostalgie et surtout sans jamais transformer l’ouvrage en un album de démonstration technique, bien que Welch y confirme son statut de guitariste d’exception, pour proposer avant tout un disque de maturité où le blues devient un langage intime, un outil de résilience et de transmission. À 46 ans, Monster Mike Welch signe ici une œuvre majeure, qui parlera autant aux puristes qu’aux amateurs de musique sincère.