mardi, 26 août 2025 Unequivocally Blue (Guitar One Records – 2025) Durée 39’13 – 11 Titres
https://www.ginacolemanmusic.com
Originaire du Bronx à New York, Gina Coleman a grandi dans un environnement vibrant, bercé par les rythmes du gospel et du rhythm’n’blues. Pourtant, c’est dans les collines du Massachusetts qu’elle a trouvé sa voie musicale, loin des scènes urbaines qui ont façonné son enfance. Diplômée du prestigieux Williams College, elle ne se destinait pas à la musique et ce n’est qu’en 1990 qu’elle chante pour la première fois en public, une expérience qui déclenchera une passion irrépressible et qui la poussera à former le duo The Siblings, puis Cole-Connection, un groupe qui lui permet de présenter ses propres compositions. Rapidement, elle devient la voix emblématique du groupe Misty Blues, fondé à la fin du siècle dernier, avec lequel elle explore les racines du blues tout en y insufflant une énergie contemporaine. Gina Coleman a collaboré avec des légendes telles que Charles Neville et Joe Louis Walker et a partagé la scène avec des figures du blues comme Tab Benoit, John Primer et Albert Cummings, citant parmi ses influences Koko Taylor, Bessie Smith ou Billie Holiday. Sa voix puissante et son charisme scénique font d’elle une figure incontournable du blues moderne, une artiste qui a su transformer un simple défi en une carrière riche et inspirante et qui signe avec « Unequivocally Blue » un premier album solo aussi audacieux qu’émouvant qui marque une étape importante dans sa carrière déjà bien remplie. Enregistré quelques heures seulement après les funérailles de sa mère, l’ouvrage est bien plus qu’un projet musical, c’est une offrande, une catharsis. Dès les premières mesures de « No More To Give », Gina Coleman pose le décor et s’écarte volontairement des productions électriques et festives de Misty Blues pour livrer une œuvre acoustique qui se veut intime, presque confidentielle. On y découvre une artiste plus vulnérable, mais aussi plus libre. Chaque morceau semble taillé sur mesure pour sa voix, qui devient ici un instrument de guérison autant qu’un vecteur d’émotion. La production mise sur la retenue, les guitares acoustiques dominent, soutenues par une basse ronde et des percussions discrètes. Le morceau titre s’appuie sur un swing léger, tandis que « Ain’t No Giving Tree » surprend par ses accents de rumba et son turnaround presque inattendu. On s’attardera encore sur trois véritables pépites, « Nothing’s In Vain », une ballade poignante, suspendue dans le silence, « Stoop Stomp », un clin d’œil plus léger, presque dansant, qui rappelle les racines gospel de l’artiste, et enfin « Will My Blues », le morceau de clôture dédié à sa mère où la voix se fait prière. Sans chercher le moins du monde à impressionner, Gina Coleman évoque la perte, l’amour, la mémoire, et ce que le blues peut encore offrir quand il est débarrassé de ses artifices, ce qui donne un album sincère, touchant, et profondément humain. Une œuvre qui confirme qu’elle est une voix qui compte, une voix qui désormais s’élève seule avec une force nouvelle ! |