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QUINTUS MCCORMICK pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
mercredi, 27 août 2025
 

Hey Jodie!
(Delmark Records – 2025)
Durée 60’58 – 15 Titres

https://delmark.com 

Dans l’univers du blues contemporain, rares sont les artistes qui ont su marier avec autant de finesse la tradition du Chicago blues et les accents soul et R&B du XXIe siècle. Quintus McCormick, guitariste virtuose et chanteur habité, a marqué la scène musicale par son style énergique, sa voix puissante et ses compositions empreintes d’émotion brute. Né à Detroit mais devenu une figure incontournable de Chicago, il a su imposer une signature musicale singulière, à la croisée des chemins entre héritage et modernité. Paru en 2009, soit une dizaine d’années avant le décès de l’artiste, « Hey Jodie! » est le premier des trois albums d’un bluesman qui n’était pas là pour faire de la figuration, un effort enregistré en seulement deux jours à Chicago, mais qui déborde d’une énergie brute et d’une sincérité musicale qui rappellent les grandes heures du Chicago blues. McCormick y signe quatorze des quinze titres, démontrant une plume affûtée et une capacité à raconter les petites tragédies du quotidien avec ironie, émotion et groove. Il navigue entre blues électrique, soul urbaine et R&B, avec une aisance qui révèle une profonde connaissance du genre. Sa guitare est à la fois tranchante et délicate, capable de solos incisifs comme de caresses harmoniques. Mais c’est surtout sa voix chaude et expressive qui surprend tant elle transmet une sensualité et une profondeur rares, oscillant entre la douleur du blues et la douceur de la soul. Accompagné de musiciens chevronnés comme Roosevelt Purifoy aux claviers, Ted Reynolds à l’harmonica ou encore les Chicago Horns aux cuivres, Quintus McCormick nous offre quelques superbes brûlots dans le genre de « Fifty/Fifty » avec un groove imparable, des cuivres en feu, et une ambiance live irrésistible, comme le morceau titre un peu plus policé mais particulièrement efficace, qui joue sur une production soignée et une guitare agile, comme « Get You Some Business », une critique sociale mordante portée par un call-and-response savoureux avec une triplette de choristes, ou encore comme « Hot Lovin’ Woman », une ballade bluesy teintée de nostalgie où l’artiste dévoile une facette plus vulnérable. Entre tradition et modernité, avec une authenticité qui force le respect, Quintus McCormick affichait clairement son style sur cette première rondelle qui mérite véritablement d’être redécouverte !