mardi, 02 septembre 2025 LE BUIS BLUES FESTIVAL 2025 SAINT-PARDOUX - LE BUIS (87) Du 21 au 23 août 2025
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Jeudi 21 août, la célèbre réplique de Rodrigue dans le Cid, « la valeur n’attend point le nombre des années », aurait très bien pu sous-titrer cette dix-neuvième édition du Buis Blues Festival, tant nous y avons découvert de jeunes artistes dont le talent a émerveillé tout le monde. Tout a débuté au lac de Saint-Pardoux qui, pour la première fois, voyait débarquer les afficionados du BBF, avec un groupe que l’on adore, Lucky Pepper, et son répertoire hyper festif qui vous donne l’irrésistible envie de danser au son des rythmes Rock’n Roll et Swing du quartet. On ne pouvait donc pas rêver mieux en terme d’entrée en matière, pour une soirée qui allait s’annoncer explosive !

Imaginez de jeunes musiciens venus d’Outre-Quiévrain qui auraient mangé pêle-mêle Alvin Lee, Jimmy Page, Robert Plant, Jon Lord, Black Sabbath, et quelques autres légendes Seventies, les auraient digérées, assimilées, puis restituées au sein d’un répertoire original sans aucune faille. Vous voyez la scène ? Eh bien vous êtes encore bien loin de ressentir ce que Thomas Franck Hopper nous a envoyé dans les oreilles ! On a beau dire, et on a beau tenter du côté des Universal & Consorts de nous abreuver d’inepties auditives insupportables, rien n’y fera tant que de tels artistes nous régaleront de leur talent et nous colleront comme cela d’énormes claques ! Ne changez rien amis Belges car on vous a adorés, et Lucky Pepper et vous avez offert au lac de Saint-Pardoux une première participation au BBF qu’il n’est pas près d’oublier !

Vendredi 22 août, pas de spectacle jeune public pour nous cette année, car nous avons un rite immuable en marge du festival, rendre visite à nos amis Jacky et Jeanine Beaugeois que nous voyons bien trop peu souvent, et c’est donc sur la place du village du Buis que nous sommes directement revenus de Corrèze. Ce sont les Sardes de King Howl qui ont ouvert la soirée, et une fois n’est pas coutume je n’ai pas vraiment accroché à ce trio, sans doute à cause d’un volume sonore trop important, et un répertoire flirtant par moments avec le Punk. Mais mon avis importe finalement assez peu car le vrai juge de paix est le public, et de ce côté-là le nombre important de personnes devant la scène a ostensiblement démenti mon propre ressenti, et c’est tant mieux car nul n’a la science parfaite, sauf peut-être, quelques « puristes » aigris remplis de certitudes car, air connu : « c’est pas du Blues ! ».

C’est devenu à présent quasiment incontournable au BBF, la présence d’artistes venus d’Australie, et que ce soit chez les femmes, venues plus nombreuses, ou chez les hommes, ils et elles nous mettent de monumentales baffes musicales à chaque fois ! Cette année c’est Chase The Sun qui s’y collait et ça n’a pas manqué, on en a pris une nouvelle fois plein les yeux et les oreilles. Je reviendrai en conclusion sur l’une de ces artistes à qui le festival a rendu hommage, mais mon cher Laurent on en redemande encore et encore, de ces musiciens exceptionnels que tu nous fais découvrir chaque année.

C’est de nouveau un trio qui a pris possession de la scène, Handsome Jack, pour un final là encore bien enlevé. Le première chose qui a sauté aux yeux des guitaristes, est la guitare de Jamison Passuite, que j’ai mis pas mal de temps à identifier, avec son sélecteur de micros par boutons, une gratte tout droit sortie des années soixante, une Tiesco SS-4L. Avec ses sonorités très particulières, elle colle parfaitement au style du groupe, un Blues un peu crasseux façon Deep-South, avec des intonations à la Creedence à qui on les compare assez souvent. Ils nous ont d’ailleurs gratifié d’un incontournable « Proud Mary », bref encore une sacrée belle trouvaille pour clore cette deuxième soirée.

Samedi 23 août, dernière ligne droite qui débute, comme à l’accoutumée, par le repas en commun du midi, et il faut là aussi souligner la qualité des mets car nous nous sommes régalés. C’est à 19h30 tapantes, la ponctualité étant l’une des marques de fabrique du BBF, qu’est apparu sur scène un véritable OVNI en la personne de Marco Bartoccioni, connu également sous le pseudo de Bartok. Lap-Steel en bandoulière c’est un véritable showman qui revisite le Blues d’une façon qui n’appartient qu’à lui, n’hésitant pas à partir faire un tour du côté psychédélique grâce à l’utilisation judicieuse d’un thérémine. Exceptionnel !

Et la soirée ne faisait que commencer, car nous allions de nouveau atteindre des sommets avec un groupe dont la moyenne d’âge avoisine les vingt ans, les suédois de Blue Benders. Seconds de l’European Blues Challenge en 2024, ils possèdent déjà tout pour devenir une formation phare dans le domaine du Blues Rock. Une vraie présence sur scène, un niveau musical incroyable, et un répertoire qui vous embarque avec eux sans jamais redescendre, ces cinq jeunes musiciens nous ont laissés totalement admiratifs devant tant de talent !

Pour clore en beauté cette dix-neuvième édition il fallait un artiste d’exception, et nous avons été copieusement servis avec Jovin Webb ! Un charisme hors norme, une voix incroyable, un vrai relationnel avec le public et un groupe de musiciens au top. On aurait juste aimé que le clavier soit moins isolé sur le côté de la scène et un peu plus proche des autres musiciens. Toujours est-il que descente au coeur du public, titre chanté assis sur le bord de la scène, remontée sur les planches de Marco Bertoccioni, tout a été magique pour ce final hors norme, dans la lignée de celles et ceux qui ont marqué le BBF dans les années précédentes. Un set qui restera forcément longtemps gravé dans les mémoires !

C’est ainsi que s’est refermé cette édition 2024, mais comme d’habitude il s’est également passé beaucoup de choses en off dans la grange. Un émouvant hommage a été rendu à deux artistes qui étaient venus nous enchanter en 2019 et qui ont prématurément disparus ; Matt Long, le guitariste-chanteur de Catfish, et Arna Rox qui nous avait tous retournés à Thouron, et à qui Laurent Bourdier a dédié cette édition. De nouveau, mais il est indispensable de le mentionner à chaque fois, rien ne serait possible sans tous les bénévoles qui œuvrent depuis toutes ces années, souvent dans l’ombre, et aux techniciens qui nous offrent un son et des lumières de qualité, ainsi que toutes les personnes qui gravitent autour de la scène pour les changements de plateaux rapides, et en route pour la vingtième qui s’annonce d’ores et déjà comme celle qui ne faudra manquer sous aucun prétexte ! Merci à tous et toutes et rendez-vous en août 2026 !
Alain Hiot - aout 2025 |