mercredi, 03 septembre 2025 LE GRAND MARNAGE LE CLOS DES FEES – PALUEL (76) Les 16 et 17 aout 2025
https://www.leclosdesfees-village.fr
Le Clos des Fées est un jardin paysager contemporain et écologique, conçu comme un lieu d’information, de détente et de culture ouverte au public toute l’année. Le Festival Grand Marnage, organisé sur ce site, anime les soirées d’août avec des concerts variés et accessibles, offrant une belle alliance entre nature, création artistique et convivialité. Le festival propose deux moments musicaux chaque soirée, en extérieur puis en salle, avec une ambiance rock, blues, jazz et musiques actuelles. L’entrée est gratuite mais sur réservation.

On commencera la journée du 16 aout avec Théo Charaf, en extérieur. Avec sa voix grave et sa musique saisissante qui semble nous parvenir d'un lointain delta du Mississippi, Théo Charaf vient du rock, du blues, du folk et a sorti en janvier son premier album sur Wita Records. En sus de ses compositions originales, Théo Charaf rend hommage à ses pères avec « Oh Sister » de Bob Dylan, en appelle aux esprits du delta blues sur sa puissante reprise de « Devil Got My Woman » de Skip James qu'il honore ensuite avec une version diabolique de « Hard Time Killing Floor Blues » puis Townes Van Zandt, que peu de personnes installées devant la scène connaissent. Il invitera une amie à partager quelques morceaux avec lui, un duo sur un air folk accompagné à la guitare acoustique.

Il est temps de rentrer pour retrouver Beverly Jo Scott et son batteur Michel. Ce sera un band à minima mais, comme d’habitude avec Beverly, la qualité sera au rendez-vous. Un mix de ses compositions et des reprises de Calvin Russel avec « Crossroads ». Elle en profitera pour évoquer son amitié avec Manu Lanvin et leur amour commun pour Calvin Russel. Il y aura aussi le retour de Nino Ferrer avec « le Sud », de « Can’t Help Falling in Love » d’Elvis Presley, « Folsom Prison Blues » de Johnny Cash, « The House Of The Rising Sun » des Animals, et même « Comme un petit coquelicot » de Mouloudji.

Le duo improvisé avec Théo Charaf lors du second rappel, "Blues avec Théo Charaf", a certainement créé une belle communion, mêlant la voix grave et emplie de vécu de Charaf à l’intensité de la présence scénique de Scott. Une belle prestation … qui a emporté le public avec un répertoire mélodieux, nourri de reprises légendaires et de morceaux personnels.

Dimanche 17 aout, de retour sur le site du Clos des Fées, le vent secoue les fleurs des gauras et les tiges des graminées dans les rayons du soleil. Du haut de la falaise, le paysage laisse entrevoir la mer. Phil Vermont va ouvrir cette dernière soirée. Après un album tout récemment sorti, « Time Has Come », il annonce qu’il travaille déjà sur le prochain et nous en offrira un aperçu. Le band est au complet avec la présence des cuivres, de l’harmonica et des claviers.

Une évasion dans le monde du blues, du rock avec une vraie énergie, une voix expressive et une présence scénique intense. Il parle à son public, souvent. Ses fidèles complices sont là, toujours Clément Landais à la basse, et Jean-Michel Tallet aux baguettes. Pour chauffer encore un peu plus l’ambiance qui monte, « Sexy, Sexy, Sexy » fera se trémousser le public devant la scène.

La clôture de ce festival qui aura en tout duré quatre jours revient à Ladell McLin. Il incarne l’authenticité du blues de Chicago, nourrie par des racines familiales et enrichie par l’expérience scénique auprès des plus grands. Son jeu de guitare puissant et expressif, sa présence scénique charismatique, et sa discographie riche en témoignent. Il est sans conteste l’un des héritiers les plus vivants et passionnés de la tradition blues, capable de transcender les genres et d’emporter le public à chaque note.

Pascal, au son, nous a prévenu, c’est bouchons obligatoires, ça va aller très fort. Il n’a pas menti. Le public est venu nombreux et, sans réservation préalable, impossible d’entrer, il faudra rester à la porte pour entendre Ladell. Dès son entrée sur scène, guitare en bandoulière, l’artiste a imposé une présence. Les premières notes ont immédiatement transporté le public dans l’univers du Chicago blues, nourri d’électricité et d’émotion brute. Il a enchaîné ses propres compositions et quelques hommages aux maîtres du blues. Il a su créer une vraie communion, invitant les spectateurs à frapper dans leurs mains, à chanter certains refrains, et ponctuant ses morceaux de sourires complices, laissant son batteur et son bassiste scander l’ambiance. <:p>

Il a pris plaisir à échanger avec les spectateurs, improvisant quelques passages, et même en descendant dans la foule guitare à la main pour un chorus incendiaire. Un long morceau en crescendo, où la guitare semblait parler, a clôturé le festival dans un éclat de lumière et d’énergie, laissant l’auditoire debout, conquis et galvanisé. Ce 17 août, le Clos des Fées s’est transformé en véritable club de Chicago à ciel ouvert, entre intimité et déflagration sonore. Gratuit, convivial et unique, le Grand Marnage confirme son succès et son identité : musique de qualité dans un cadre naturel exceptionnel.
Evelyne Balliner – septembre 2025
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