samedi, 06 septembre 2025 Good Company (Hard Times Records – 2025) Durée 52’57 – 12 Titres
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Ils viennent de Nashville, mais leur son traverse les frontières du blues, du funk, du rock et de la soul avec une aisance déconcertante. Piper & The Hard Times, c’est avant tout une voix, celle d’Al “Piper” Green, un chanteur habité, à mi-chemin entre la ferveur gospel et la rage du blues. Autour de lui, une équipe de choc avec Steve “The Conductor” Eagon aux guitares, Dave “Sexy Boy” Colella à la batterie, Amy “The Professor” Frederick aux claviers et Parker “Porkchop Funkstick” Hawkins à la basse, ce qui donne un quintet soudé et généreux qui joue comme s’il n’y avait pas de lendemain. Révélés au grand public après leur victoire à l’International Blues Challenge en 2024, ils ont enchaîné les scènes mythiques et les festivals prestigieux, du Big Blues Bender jusqu’à Telluride, en passant par la Legendary Rhythm And Blues Cruise. Leur premier album, « Revelation », avait déjà mis la barre très haut, mais avec « Good Company », Pipper & The Hard Times ne cherchent pas seulement à la franchir, ils la font littéralement exploser ! Enregistré dans le légendaire Oceanway Studio A de Music City, « Good Company » est un disque qui transpire l’authenticité, la sueur et l’amour du son bien fait. Produit par Tres Sasser et mixé par Joe Costa, l’album est une ode à la fraternité, à la musique qui rassemble, qui fait du bien, même quand elle parle de douleurs. Dès les premières mesures de « Not Your Fault », on est happé par un groove funk imparable, quelque part entre James Brown et Vulfpeck. La basse claque, les cuivres rugissent, et Piper nous embarque dans une danse cathartique. Sans oublier le tittle track, un hymne chaleureux à l’amitié, porté par une vidéo solaire et une vibe qui rappelle les grandes heures de Leon Bridges. Mais le groupe ne s’arrête pas à ça et aligne les standards en puissance, avec « Cowboy Gucci » qui balance un riff fuzzé à la ZZ Top, avec une touche d’humour et de second degré qui fait mouche, ou encore avec « Tear It Down » qui nous plonge dans une ambiance Sly Stone, avec un groove militant et une énergie contagieuse … Et que dire de « Those Days », ballade soul enregistrée en une seule prise, où le sax d’Eddie Meyer vient caresser les souvenirs avec une tendresse infinie. Chaque morceau est une pièce du puzzle émotionnel que le groupe nous offre. On y trouve de la joie, de la nostalgie, de la colère, de l’espoir. Et surtout, une sincérité rare. Alors que le groupe vivait une période euphorique, le destin a frappé, Al “Piper” Green a été diagnostiqué d’un cancer en juin dernier, mais loin de s’effondrer, le collectif s’est soudé encore plus fort. L’album, déjà puissant, devient alors un cri de vie, un acte de résistance, une célébration de l’instant présent, une preuve par l’exemple que le blues n’a jamais été aussi vivant ! |