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MECLEUVES TERRE DE BLUES (57) pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
dimanche, 07 septembre 2025
 

MECLEUVES TERRE DE BLUES
FOYER SOCIO-EDUCATIF – MECLEUVES (57)
Les 5 et 6 septembre 2025

https://www.mtb-mecleuves-terre-de-blues.com 

Rendez-vous était pris de longue date dans le paisible village de Mécleuves qui s’est transformé le temps d’un week-end en véritable capitale européenne du blues. Dans un écrin de verdure, deux chapiteaux dressés en pleine campagne ont accueilli la 7ᵉ édition du festival Mécleuves Terre de Blues, offrant aux festivaliers une parenthèse musicale intense, vibrante et résolument internationale. Dès l’arrivée sur le site, le ton était donné : sourires, food trucks, bières artisanales, et une atmosphère bon enfant. Les deux scènes couvertes ont permis de profiter pleinement des concerts, à l’abri des caprices de la météo. L’organisation, portée par une équipe de bénévoles passionnés et orchestrée par le maire-programmateur Philippe Manzano, a une fois de plus prouvé son efficacité. Le public, venu de toute la région et même de l’étranger, a répondu présent dans une ambiance festive et respectueuse.

Vendredi, la première soirée de festival a été marquée par une montée en puissance progressive, avec quatre prestations qui ont fait vibrer les chapiteaux. El José and the Bluebirds ont ouvert le festival avec une énergie contagieuse. El José, guitariste autodidacte au jeu incisif, a livré un blues rock musclé, teinté de feeling texan. Sa voix rocailleuse et ses solos nerveux ont immédiatement capté l’attention. Le public, encore en phase d’installation, s’est rapidement laissé emporter par ce set généreux, ponctué d’hommages à Stevie Ray Vaughan et Albert Collins.

Jovin Webb a littéralement suspendu le temps. Finaliste d’American Idol, il a apporté une profondeur émotionnelle rare. Sa voix, à la fois rugueuse et pleine de soul, a résonné comme un cri du cœur. Accompagné d’un groupe soudé, il a interprété des titres de son album « Drifter », mêlant gospel, blues et funk. Chaque titre semblait creuser plus profondément dans l’âme du public, jusqu’à provoquer une émotion collective palpable, couronnée par une standing ovation.

Dom Martin, venu d’Irlande du Nord, est arrivé sur scène avec une humilité désarmante, mais dès les premières notes, son jeu de guitare a imposé le respect. Lauréat des UK Blues Awards, il a proposé un blues introspectif, presque méditatif, avec des envolées instrumentales dignes de Rory Gallagher. Son morceau « Echoes » a plongé le public dans une atmosphère hypnotique, entre tension et apaisement.

En véritable maître de cérémonie, Fred Chapellier, enfant du pays et figure incontournable du blues français, a clôturé la soirée avec élégance. Son set, parfaitement rodé, a alterné compositions personnelles et clins d’œil aux grands noms du blues. Sa guitare, toujours juste, a dialogué avec le public dans une complicité palpable. Accompagné de musiciens d’exception, il a offert un final explosif, laissant le chapiteau dans un état d’euphorie collective.

Le samedi a confirmé la richesse de la programmation, avec des groupes venus de toute l’Europe et au-delà. The BluesBones, quintet belge bien connu et très apprécié, a démarré fort avec un blues rock puissant et mélodique. Nico De Cock, chanteur charismatique, a enchaîné les titres avec une aisance bluffante. Stef Paglia, à la guitare, a offert des solos flamboyants, et le groove solide et le sens du show du combo ont mis le public en mouvement dès les premières minutes.

Le Marco Bartoccioni Band, connu également sous le nom de Bartok, a surpris par son originalité. Virtuose de la lap steel, Marco a proposé un blues teinté de rock sudiste et de soul, avec des arrangements audacieux. Son morceau « Play the Joker » a été un moment fort, mêlant virtuosité et narration musicale, tout comme cette interprétation de « Whisky » partagée avec Jovin Webb au chant. Le public, d’abord curieux, s’est très rapidement laissé séduire par cette proposition singulière.

Entre explosion sonore et visuelle, les Boogie Beasts ont transformé le chapiteau en dancefloor psychédélique. Leur blues garage, brut et hypnotique, a fait l’effet d’un uppercut. Harmonica sauvage, riffs saturés, et une énergie scénique débordante ont conquis les festivaliers. Leur titre « Love Me Some » a déclenché une véritable transe collective auprès d’un public littéralement conquis.

Demi-finalistes de l’International Blues Challenge à Memphis, Blue Deal, venu d’Allemagne, a impressionné par sa maîtrise technique et son intensité. Tom Vela, jeune prodige de la guitare, a enchaîné les solos avec une fluidité déconcertante. Leur morceau « Can’t Kill Me Twice » a été salué comme l’un des meilleurs moments du festival, alliant puissance et subtilité.

Pour clore le festival, Justina Lee Brown a offert un véritable feu d’artifice musical. Finaliste de plusieurs concours internationaux, la chanteuse nigériane-suisse a mêlé blues, soul, funk et afrobeat dans un set incandescent. Sa voix, puissante et nuancée, a transporté le public. Elle a dansé, chanté, interagi avec les spectateurs dans une communion totale. Son final a été un moment de pure magie.

Mécleuves Terre de Blues 2025 a confirmé son statut de rendez-vous incontournable pour les amoureux du blues. Entre qualité artistique, ambiance conviviale et cadre naturel, l’événement a su séduire tous les publics. Rendez-vous est déjà pris pour l’édition 2026, qui promet encore de belles surprises. Et comme le disait un spectateur conquis : « Ici, on ne vient pas juste écouter du blues. On le vit. »

Fred Delforge – septembre 2025