jeudi, 11 septembre 2025 Help yourself (Gulf Coast Records – 2025) Durée 49’30 – 10 Titres
https://www.bloodbrothersband.com
Duo explosif de blues rock formé par Mike Zito et Albert Castiglia, deux figures majeures du genre originaires respectivement du Missouri et de Floride, les Blood Brothers ont uni leurs forces en 2023 pour créer un projet commun qui allie virtuosité, énergie brute et une passion viscérale pour le blues. Leur premier album éponyme, produit par Joe Bonamassa et Josh Smith, a immédiatement marqué les esprits, décrochant le titre de meilleur album blues rock aux Blues Music Awards. Ce disque a posé les bases d’un son puissant, à mi-chemin entre tradition et modernité, porté par des riffs acérés, des solos incandescents et une alchimie musicale rare. Leur collaboration ne s’arrête heureusement pas là puisqu’en 2025, ils reviennent avec « Help Yourself », un second opus qui confirme leur statut de porteurs de la flamme du blues rock contemporain. Il y a des albums qui claquent comme une porte qu’on referme sur le passé, et « Help Yourself » en fait partie. Les Blood Brothers déboulent bille en tête avec un disque qui sent la sueur, la route et les guitares qui pleurent sous les doigts de deux maîtres. Enregistré à St. Louis dans les conditions du live, ce deuxième opus est une décharge électrique de blues rock sans compromis, où chaque titre semble taillé pour la scène. Dès le tittle track, on est cueilli par un riff mordant et une ironie bien sentie. Mike Zito y parle de "faire le boulot", avec ce ton mi-blagueur mi-philosophe qui lui va si bien. Albert Castiglia enchaîne avec « Can’t Be A Prophet », une réflexion acide sur la vie de musicien, entre gloire éphémère et retour à la réalité. C’est brut, c’est vrai, et ça groove sévère. Mais on atteint le sommet émotionnel avec « Alive », où Mike Zito évoque la perte de sa femme et la renaissance grâce à une nouvelle rencontre. C’est poignant, sans jamais sombrer dans le pathos. A l’autre bout du spectre, « Soulard Serenade » nous embarque dans une virée nocturne aux accents jazzy, tandis que « Ol’ Victrola » fait vibrer la corde vintage avec une chaleur toute analogique. La section rythmique avec Scot Sutherland à la basse, Lewis Stephens aux claviers et enfin Matt Johnson et Ray Hangen à la batterie, est au cordeau, et chaque note transpire la camaraderie et le plaisir de jouer ensemble. On sent que ces gars-là ne font pas semblant, ils vivent leur musique, et ça s’entend sur un album qui s’invite sans prévenir à la table des amateurs d’un blues rock libre et décomplexé ! |