samedi, 13 septembre 2025 Sign of the time (Provogue – Mascot Label Group – 2025) Durée 48’59 – 10 Titres
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Né dans le New Jersey, Walter Trout est une légende vivante du blues rock américain. A la fois guitariste, chanteur et compositeur, il débute sa carrière à la fin des années 1960 avant de s’installer à Los Angeles dans les années 1970, où il accompagne des géants comme Percy Mayfield, John Lee Hooker et Joe Tex. Il se fait connaître du grand public en rejoignant Canned Heat en 1981, puis les Bluesbreakers de John Mayall en 1984, succédant à des icônes telles qu’Eric Clapton et Peter Green. En 1989, il fonde le Walter Trout Band, entamant une carrière solo prolifique qui l’amène à sortir plus de trente albums et à se produire sur les scènes du monde entier. Reconnu pour son jeu de guitare incisif, ses solos ciselés et son énergie brute, Walter Trout est revenu plus fort que jamais d’une grave maladie du foie en 2014 avec des albums introspectifs et puissants comme « Battle Scars » ou « Ride ». Si le guitariste n’a jamais mâché ses mots ni ses riffs, il remet le couvert en 2025 avec « Sign Of The Times », un cri du cœur face aux dérives du monde moderne, un album coup-de-poing, une décharge électrique de blues rock trempée dans l’acide de la réalité contemporaine. Dix titres, dix uppercuts, dix raisons de croire que le blues peut encore être un vecteur de révolte, de réflexion et de catharsis. Dès l’ouverture avec « Artificial », le ton est donné, harmonica grinçant, satire mordante, et une peur palpable de l’intelligence artificielle. Trout ne joue pas à l’ancien combattant nostalgique, il est en prise directe avec son époque. Il observe, il questionne, il cogne. Le morceau qui donne son nom à l’album est une pièce maîtresse. Dissonante, sombre, elle reflète les tensions du monde moderne. Les paroles, coécrites avec sa femme Marie, résonnent comme un miroir brisé de nos angoisses collectives. On retrouve encore des pépites plus personnelles comme « Blood On My Pillow » ou « Struggle To Believe » où le bluesman se livre avec une sincérité désarmante. Le groove est là, les solos sont tranchants, et la production, enregistrée au Strawhorse Studios à Los Angeles, est d’une clarté redoutable. Entouré de son fidèle batteur Michael Leasure, du bassiste John Avila et du claviériste Teddy "Zig Zag" Andreadis, Walter Trout ne fait pas que jouer du blues, à 74 ans, il continue à le vivre, à le crier et à le transcender à sa manière, celle d’un rocker qui flirte parfois avec le metal mais qui n’a pas oublié d’où il vient. |