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BLUES AGAINST THE MACHINE pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
vendredi, 26 septembre 2025
 

Blues Against The Machine
(Mobydick Records – 2025)
Durée 43’28 – 10 Titres

https://batm-music.com 

Blues Against The Machine est bien plus qu’un simple groupe de blues, c’est une véritable coalition européenne de talents, un projet transnational né de la passion commune pour le blues, le jump, le boogie et le rock’n’roll. Formé par six musiciens chevronnés issus de cinq pays différents, le groupe incarne une vision moderne et audacieuse du blues, tout en rendant hommage aux maîtres du genre. Le Portugais Budda Guedes et le Norvégien Eric “Slim” Zahl au chant et aux guitares, le Polonais Bart Szopiński au chant et aux claviers, l’Espagnol Danny Del Toro aux harmonicas, le Portugais Vasco Moura à la basse et l’Italien Nik Taccori à la batterie mènent chacun une carrière solo reconnue dans leur pays, cumulant des récompenses européennes et des participations aux différents European Blues Challenges, mais c’est ensemble qu’ils forment une entité musicale explosive, à la fois précise, inventive et profondément enracinée dans les traditions du blues. Le premier album éponyme du sextet, sorti chez Mobydick Records, s’ouvre sur une rythmique nerveuse, portée par la guitare de Budda Guedes, qui signe la majorité des compositions. On sent immédiatement l’énergie du live, la sueur des clubs, et cette envie de faire danser autant que de faire vibrer. Les morceaux oscillent entre blues, boogie endiablé, soul, gospel, worksongs et ballades plus introspectives, sans jamais perdre leur cohérence. Eric “Slim” Zahl et Budda Guedes se partagent le chant avec une complémentarité étonnante, l’un plus rugueux, l’autre plus suave, incarnant deux facettes complémentaires du blues, la rage et la tendresse. Mention spéciale à Danny Del Toro, dont l’harmonica vient ponctuer les morceaux avec une précision chirurgicale, ajoutant cette touche roots qui fait toute la différence. Bart Szopiński et Vasco Moura tissent une toile sonore riche, soutenue par la frappe dynamique de Nik Taccori. L’ensemble est produit avec soin, mais sans excès, on reste dans une esthétique brute, fidèle à l’esprit du blues, tout en bénéficiant d’une clarté sonore qui permet à chaque instrument de respirer. L’attention se portera sans la moindre hésitation sur des pièces comme « I Ain't Got No Money », « It's Causing Me Pain », « I Hate That You Are », « Silver And Gold », « I've Got A Dream » ou encore sur l'instrumental « Europa Express » qui referme l'album sur un train d’enfer, mais plus que ça, c’est dans son ensemble que cette première rondelle est particulièrement réussie. Au-delà de la virtuosité, Blues Against The Machine porte un message, celui de l’unité par la musique, de la résistance culturelle face à l’uniformisation. Le titre du groupe est un clin d’œil assumé à Rage Against The Machine, mais ici, la colère se fait groove, et la révolte passe par les cordes et les souffles. Apprêtez-vous à les retrouver très vite sur les plus grands festivals européens car à n’en point douter, ils ont d’ores et déjà acquis un statut légitime de "next big thing" !