lundi, 13 octobre 2025 Railroad crossing (Rock’n’Hall – Dixiefrog – 2025) Durée 42’27 – 8 Titres
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Demi-finaliste de l’International Blues Challenge 2025 à Memphis, Thomas Sarrodie & Bi-Polar Blues est un trio français qui conjugue intensité émotionnelle et identité sonore affirmée. Mené par Thomas Sarrodie à la guitare et au chant, le groupe se distingue par un jeu de slide hypnotique, des accordages baryton profonds, et une approche du blues qui embrasse le rock contemporain et des touches psychédéliques 60’s. Le line-up est complété par Jérémy Cazorla à la batterie et aux percussions, et Sylvain Blanquiot à la contrebasse, tous deux également aux chœurs. Leur musique évoque les grands espaces, les errances nocturnes et les voix intérieures. Elle s’ancre dans une tradition blues poussiéreuse et poisseuse, tout en s’ouvrant à des textures modernes. Le trio captive en live, où l’énergie brute et la finesse instrumentale se conjuguent pour créer une expérience immersive. Avec « Railroad Crossing », Thomas Sarrodie & Bi-Polar Blues signent un album de mue, de passage, de transformation. Inspiré par leur périple à Memphis et leur passage par Clarksdale, ce disque est une sorte de carnet de route sonore, où chaque morceau est une halte, une bifurcation, une rencontre. Dès les premières mesures de « I Can’t Follow You », on sent que quelque chose a changé. Le slide est plus rugueux, la voix plus intérieure, la batterie plus tellurique. Ce n’est plus seulement du blues, c’est une traversée. Chaque morceau est une bifurcation, une gare fantôme, un wagon abandonné dans la mémoire. « It All Comes To An End » et « Dreamless Night » jouent sur les silences, les respirations, les échos. La contrebasse de Sylvain Blanquiot y est presque spectrale, tandis que Jérémy Cazorla martèle les rails avec une précision de métronome hanté. Thomas Sarrodie, lui, chante comme on confesse, comme on se libère. Mais « Railroad Crossing » n’est pas un album de repli. « Velvet Handcuffs » et « I Thought I Knew You » injectent une tension rock, presque garage, qui rappelle que le blues est aussi une musique de colère, de feu, de friction. L’harmonica de Julien Cormier surgit comme un cri dans le lointain, et la guitare de Théo Serres vient parfois dérailler les certitudes. Enregistré au Blars Studio, mixé par Lorry Delatie et masterisé par Simon Lancelot (Studio Ferber), l’album sonne juste. Pas propre. Juste. Il respire, il grince, il vit. « Railroad Crossing » est un disque de passage, au sens fort du terme. Celui d’un groupe qui a des choses à dire. Celui d’un blues qui ne regarde pas en arrière, mais qui avance, cabossé, lumineux, libre. |