mardi, 14 octobre 2025 FESTIVAL BLUES D’AUTOMNE EN RABELAISIE 2025 – « DIX DE DER » SALLE POLYVALENTE – BEAUMONT-EN-VERON (37) Du 3 au 5 octobre 2025
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Tout avait commencé en 2014 avec le Crossing Roads Tour et une programmation des plus alléchantes, Neal Black, Jesus Volt et les Royal Southern Brotherhood au sein desquels on retrouvait Cyril Neville et Devon Allman, le tout sous la houlette des Cinquantièmes Rugissants, association organisatrice et résidente du Temps des Crises. Il n’en fallait pas plus pour que l’idée d’organiser un festival dans cette salle polyvalente voit le jour.

Ainsi fut fait avec, en plus de la scène intérieure, une seconde en extérieur proposant des concerts gratuits en journée, ainsi qu’un village des artisans entourant deux très grands barnums abritant des tables pour se restaurer ou boire une petite bière entre amis. Un concept que l’on allait retrouver durant ces dix années, et qui allait faire également la réputation de convivialité de ce beau festival.

De nombreux liens vont ainsi se créer entre exposants avec les Cigar-Box de Dom, Les bijoux de Pat, les Cajons de Nicole et Christophe, les collages de Domi, les lampes de Thierry, les vinyles chantournés de Béatrice, les peintures de François, le stand de Blues Magazine et toutes celles et ceux qui ont occupé une place au sein de ce village au fil des années, provoquant très souvent des bœufs improvisés accompagnés du chant de notre Titi national ! Sans oublier les expos photos, qui m’ont permis à titre personnel de rencontrer celui que je considère comme le meilleur photographe actuel de scène, Laurent Leduc.

Cet espace extérieur verra également de très nombreux concerts gratuits, dont certains sont restés dans toutes les mémoires des festivaliers. Dave Arcari, Ronan, Philippe Ménard, Cyril Maguy, L.D. Le Duo, et beaucoup de découvertes incroyables à l’image du superbe duo de Strange O’ Clock pour ne citer qu’eux, mais il y en eu bien d’autres. Sans oublier les Shaggy Dogs qui ont réussi la performance, avec leur répertoire Pub-Rock, de déclencher une chenille au sein d’un festival de Blues !

Côté scène intérieure nous avons là aussi assisté à quelques sets inoubliables, Kyla Brox, Sugaray Rayford, Beverly Jo Scott, Imperial Crowns, Kaz Hawkins, Freddy Miller, Véronique Gayot ou encore Francesco Piu et Elliott Murphy. Je ne peux pas bien entendu citer tout le monde tant il y eu de très nombreux supers moments passés devant ces planches, avec des artistes qui méritent tous et toutes de figurer dans cette liste. Ce ne sont là que quelques exemples de ces concerts qui ont fortement marqué les esprits.

Il y eu également quelques séquences « off » mémorables, telles que la déambulation costumée dans les rues d’Avoine et de Beaumont-en-Véron, les fresques de Monsieur Plume, les carricatures de Luc Perez, j’y reviendrai un peu plus loin, le Gumbo géant concocté par Larry Garner lui-même en cuisine, ou les démonstrations de danse Swing. Sans oublier la mise aux enchères d’instruments ou de tableaux au profit de l’association.

Nous n’oublierons pas non plus d’associer des bénévoles repartis vers d’autres horizons, comme Laurélie et Patrick Perrella ou Marie et Eric Chuin avec qui, à titre personnel, Béatrice et moi avons lié des relations amicales, mais également les personnes disparues, bénévoles ou artistes, Francky, Lou, Hien, deux musiciens ayant accompagné Sugaray, le batteur Lavell Jones et le fabuleux guitariste Gino Mateo, et notre ami Luc Perez dont le talent et l’humour ont laissé une empreinte indélébile sur le festival.

Luc qui m’avait d’ailleurs non seulement tiré le portrait, parmi tant d’autres, à différentes reprises, mais également croqué lors de l’interview de Beverly Jo Scott. Car le B.A.R. a toujours permis cette proximité avec les artistes, chose précieuse que l’on ne retrouve pas sur des gros festivals. Certaines de ces interviews resteront elles aussi dans ma mémoire : Beverly avec qui nous avions largement évoqué la mémoire de son amie Maurane décédée très peu de temps auparavant, Sugaray qui avait commenté l’élection de Trump en termes que l’on peut facilement deviner, mon ami Jérôme Pietri avec lequel j’ai passé de très nombreuses minutes à deviser sur bien d’autres sujets que les musicaux, et la dernière en date, Véronique Gayot l’année dernière, interview passionnante d’une vraie passionnée. Autant de moments partagés qui ont pour moi autant d’importance que ceux passés devant les deux scènes.

Cette « Dix de Der » a été marquée par une nuit de vendredi à samedi sous la tempête, avec quelques dégâts réparés dans la matinée pour permettre la bonne tenue des deux derniers jours. Que de beaux concerts nous ont encore été proposés ! Chacun y aura forcément trouvé chaussure à son pied, avec à titre personnel Miguel M, Rock the Cavern, Philippe Ménard, Ganafoul, Elliott Murphy qui a remplacé Little Bob malade, Tio Manuel et le fabuleux Francesco Piu qui a encore, comme à chaque prestation, tout déchiré ! Et même si une sciatique m’a empêché de profiter à fond de ces concerts devant la scène, mes oreilles en revanche ont parfaitement apprécié ce qu’elles ont entendu depuis l’extérieur de la salle !

Tous ces beaux moments partagés depuis dix ans ne sont pas le fruit du hasard, et n’ont été possibles que grâce au travail effectué tout le long de ces années par l’équipe des Cinquantièmes Rugissants. Une équipe réduite qui, à l’instar de nombreux festivals à taille humaine, est touchée par le vieillissement et la difficulté à trouver des personnes prêtes à prendre la relève, et est d’autre part confrontée au véritable parcours du combattant pour aller chercher les subventions indispensables à toute manifestation. Autant dire qu’en ces périodes de restrictions de toutes parts, dont comme d’habitude la culture est la première à en faire les frais, cela tient du miracle ! Le danger était donc de mettre en difficulté la pérennité du Temps des Crises, et la difficile décision a finalement été prise de mettre fin à l’aventure du festival après la dixième édition.

À présent c’est donc terminé, c’était la dernière, mais nous retiendrons tous ces moments extraordinaires de convivialité et de plaisir musical, et nous oublierons bien vite la fâcherie avec l’un des intervenants (les personnes présentes en 2023 et 2024 savent de quoi je parle), pour ne garder que les très nombreux souvenirs partagés avec tant de monde. Pour la toute dernière fois les bénévoles sont montés sur scène avant l’ultime concert, avec une émotion extrêmement palpable, y compris au sein du public, ce même public qui ressortira de ce dernier set sous les applaudissements des bénévoles formant une haie d’honneur. Merci à tous et toutes pour ces dix ans de plaisir, et plutôt qu’un simple compte-rendu de cette édition il me semblait nécessaire de revenir sur tous ces moments exceptionnels qui ont fait que l’on aimait revenir à Beaumont-en-Véron tous les ans. Et maintenant longue vie au Temps des Crises, car comme le chantait si bien Freddie Mercury : Show must go on !
Alain Hiot - octobre 2025

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