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SHERMAN ROBERTSON pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
mercredi, 22 octobre 2025
 

One more time
(Redline Music – 2025)
Durée 16’07 – 4 Titres

https://www.blues-sessions.com/shermanrobertson.php 
https://www.facebook.com/groups/716245535743308 

Né le 27 octobre 1948 à Breaux Bridge, en Louisiane, Sherman Robertson est une figure marquante du blues américain, dont le parcours incarne à la fois la tradition et l’innovation. Élevé à Houston, Texas, il découvre très tôt la guitare et se distingue dans le Kashmere Stage Band, un orchestre scolaire dirigé par Conrad O. Johnson, pionnier du funk texan. Dans les années 1960 et 1970, Robertson affine son style en accompagnant des légendes comme Bobby "Blue" Bland, Junior Parker, Big Mama Thornton et Peppermint Harris. Il fonde le Cross Town Blues Band et enregistre plusieurs disques pour le label Lunar #2 Recordings, dont « Bad Luck And Trouble », qui attire l’attention de la presse spécialisée. Sa carrière prend un tournant décisif lorsqu’il rejoint l’orchestre de Clifton Chenier, roi du zydeco, avec qui il tourne pendant cinq ans. Il collabore également avec Rockin’ Dopsie et Terrance Simien, et participe à l’album « Graceland » de Paul Simon, un classique de 1986. Dans les années 1990, le producteur britannique Mike Vernon le signe sur le label Code Blue où il publie « I'm the Man » en 1993 et « Here & Now » en 1995, deux albums salués pour leur énergie et leur authenticité. Robertson devient alors un pilier de la scène blues internationale, reconnu pour son jeu de guitare incisif, sa voix puissante et son style mêlant blues, rock et groove. Il décède le 28 janvier 2021 à l’âge de 72 ans, laissant derrière lui une œuvre sincère et vibrante, et une empreinte durable dans le cœur des amateurs de blues. « One More Time », publié à titre posthume, est une capsule émotionnelle, un dernier souffle musical d’un artiste qui n’a jamais triché. Ce disque, brut et poignant, enregistré avec son groupe anglais de tournée comprenant entre autres Gary Rackam à la basse, Jools Grudgings aux claviers et Jamie Little à la batterie, capture l’essence même de Sherman Robertson, sa voix rocailleuse, son toucher de guitare nerveux, et cette capacité rare à faire vibrer l’âme. Dès les premières notes, on sent que l’enregistrement n’a pas été poli à l’excès. Et c’est tant mieux. L’EP respire l’urgence, la sincérité, comme si Sherman savait que le temps lui était compté. Les morceaux oscillent entre blues électrique et ballades introspectives, avec des riffs qui évoquent Albert Collins, mais aussi une sensibilité proche de Mem Shannon. Le tittle track sonne comme une prière, celle d’un homme qui veut jouer encore une fois, chanter encore une fois, aimer encore une fois. La production minimaliste laisse toute la place à l’émotion brute. Pas d’artifice, juste du blues, du vrai. Ultime hommage vibrant à la carrière d’un homme qui a vécu pour la musique, « One More Time » est un adieu, mais aussi une célébration. Celle d’un artiste qui, jusqu’au bout, aura été fidèle à lui-même.