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BABAUX & THE PEACEMAKERS pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
jeudi, 23 octobre 2025
 

Keep both hands on the wheel
(Guitar One Records – 2025)
Durée 36’40 – 9 Titres

https://babauxandthepeacemakers.com 

Nés dans les montagnes du Colorado, Babaux & The Peacemakers incarnent une vision mature et vibrante du roots-rock contemporain. Le groupe est mené par Cristian Basso, alias Babaux, chanteur, compositeur et joueur de dobro et de guitare résonateur qui n’est pas un inconnu puisqu’il a joué de la basse pour des légendes comme Bo Diddley, Leo Nocentelli des Meters et Papa Mali, et a coécrit avec Eric Lindell sur l’album acclamé « Gulf Coast Highway ». Autour de lui gravitent trois musiciens chevronnés, Eric Martinez à la guitare lead, Mike Davidov à la basse et Jake Herman à la batterie. Ensemble, ils forment un quatuor soudé, capable de naviguer avec aisance entre les eaux troubles du blues, les méandres du rock sudiste et les rivages apaisés de l’Americana. Leur musique est une route sinueuse, bordée de souvenirs et de paysages sonores qui évoquent aussi bien le bayou que Laurel Canyon. Babaux y introduit la guitare 12 cordes, enrichissant leur palette d’une texture acoustique qui rappelle les années 70 sans jamais sombrer dans la nostalgie. Chaque morceau est une collision organique entre les talents individuels du groupe, une alchimie qui produit une empreinte musicale unique et intemporelle. Troisième opus du combo, « Keep Both Hands On The Wheel » est une traversée roots-rock d’une grosse trentaine de minutes, aussi solide qu’inspirée. C’est leur première sortie sur le label Guitar One Records, et elle marque une étape décisive dans leur parcours. Dès le premier titre, « Steal Your Love », le ton est donné, riffs sudistes, groove épais, et une voix qui semble avoir été sculptée dans le granit et le tabac. Babaux ne force jamais son chant rocailleux, il le laisse couler, comme un vieux whisky sur une langue de feu. On pense aux Allman Brothers, à Lynyrd Skynyrd, mais pas aux tubes, plutôt aux pépites cachées, aux faces B que les vrais amateurs chérissent. Le morceau « Hardly Living » cristallise l’âme de l’album. La section rythmique creuse un sillon profond, sur lequel Babaux pose une performance vocale à la fois relâchée et poignante. C’est ce genre de chanson qui vous attrape par le col et vous murmure des vérités que vous n’étiez pas prêt à entendre. Mais c’est « Take The Hand Given » qui frappe le plus fort. Trois minutes de grâce brute, où le groupe joue avec les dynamiques comme un funambule entre solidité et fluidité. C’est une leçon de retenue et de conviction, un morceau qui respire la patience et l’authenticité. Partis bille en tête dans la recherche du vrai absolu, Babaux & The Peacemakers réussissent là où tant d’autres échouent et parviennent à être reconnaissables entre mille. Ils ne jouent pas du blues, du rock ou de l’Americana, ils jouent du Babaux & The Peacemakers. Et en fait, c’est juste ce qu’on leur demande !