jeudi, 30 octobre 2025 Bluesin through the years (Delmark – 2025) Durée 45’07 – 9 Titres
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Né à Chicago en 1952, Dave Weld est un vétéran du blues électrique, un pur produit de la scène West Side qui a forgé son style dans les clubs les plus rugueux et authentiques de la ville. Dès l’adolescence, il troque les vinyles des Stones et de Clapton pour ceux de Howlin’ Wolf, Lightnin’ Hopkins et B.B. King. Sa trajectoire musicale prend un tournant décisif lorsqu’il rejoint le Hound Dog Taylor Band après la mort du maître du slide, puis le Wolf Pack d’Eddie Shaw, aux côtés de légendes comme Hubert Sumlin et Detroit Junior. Disciple de J.B. Hutto, l’artiste perpétue son héritage avec une slide tranchante et viscérale. Son groupe, The Imperial Flames, incarne l’énergie brute du house-rockin’ blues de Chicago, enrichi de soul, de funk et de boogie. Aux côtés de Dave Weld, on retrouve la puissante chanteuse Monica Myhre, alias Mona Rose, le batteur Jeff Taylor, le bassiste Kenny Pickens, le pianiste Harry YaSeen et le saxophoniste Rogers Randle. Ensemble, ils offrent un show cohérent, vibrant, et profondément enraciné dans la tradition. Avec « Bluesin’ Through The Years », Dave Weld & The Imperial Flames ne cherchent pas à réinventer la roue, mais plus simplement à la faire tourner avec panache. Ce quatrième album, compilation sélective de morceaux issus de « Burnin’ Love » (2010), « Slip Into A Dream » (2015) et « Nightwalk » (2022), est une célébration de leur parcours, un concentré de groove incandescent et de sincérité musicale. On y retrouve des guests prestigieux comme Bobby Rush, Lil’ Ed, Sax Gordon, Dave Keye, Tom Hambridge et nombre d’autres encore. Dès l’ouverture avec « Don’t Ever Change Your Ways », la slide de Weld fuse comme un réveil brutal. C’est du blues qui cogne, qui pulse, qui ne s’excuse jamais. Monica Myhre prend le relais sur « Don’t Tell Mama », sa voix traversant le tumulte instrumental avec une aisance bluffante. Le groupe joue serré, rapide, mais jamais brouillon, chaque riff, chaque break d’orgue est là pour servir l’émotion. « Red Hot Tabasco » ralentit le tempo, laissant place à une narration plus feutrée, ponctuée de piano honky-tonk et de slide plaintive. Puis viennent « Looking For A Man » et « May Be Right, May Be Wrong », extraits de « Slip Into A Dream », où Monica chante la solitude avec une intensité presque soul. La face B est tirée du même tonneau de pur blues, avec des titres comme « Ramblin’ », « Louise », Slip Into A Dream » et « She’s Lyin’ », et finit de faire de l’ouvrage, pressé sur vinyle rouge comme la braise, une déclaration d’amour au blues de Chicago, celui qui se joue dans les clubs moites, entre les cris du public et les solos qui transpercent la nuit. La production Delmark est fidèle à l’esprit du groupe, brute, directe, sans fioritures. Comme le disait J.B. Hutto, “Le Blues sera là jusqu’à la fin du monde”, et tant que Dave Weld & The Imperial Flames seront sur scène, il brûlera encore. |