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MUD MORGANFIELD pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
samedi, 01 novembre 2025
 

Deep mud
(Nola Blue Records – 2025)
Durée 68’04 – 14 Titres

https://www.mudmorganfieldblues.com 

Larry "Mud" Morganfield est né à Chicago et est le fils aîné du légendaire Muddy Waters et de Mildred Williams. Élevé par sa mère et ses oncles, Mud n’a jamais vraiment connu son père, mais le blues coulait déjà dans ses veines. Avant de se lancer dans la musique, il a travaillé comme chauffeur routier, tout en nourrissant une passion profonde pour le blues, ce langage familial et viscéral. Ce n’est qu’après la mort de Muddy Waters en 1983 que Mud Morganfield décide de marcher dans les pas de son père. Il développe alors un style personnel, enraciné dans le Chicago blues mais teinté de ses propres expériences. Sa voix puissante, son charisme scénique et son respect des traditions font de lui un héritier crédible et vibrant du blues électrique. Il collabore avec des musiciens chevronnés et enregistre plusieurs albums salués par la critique, dont « Son Of The Seventh Son » et « They Call Me Mud ». Avec « Deep Mud », sorti en septembre dernier chez Nola Blue Records, Mud Morganfield affirme plus que jamais son identité musicale en proposant un blues brut, sincère, et profondément incarné. Dès les premières mesures de « Bring Me My Whiskey », l’artiste nous plonge dans un bain de blues épais, moite, et sans concession. « Deep Mud » est un album qui transpire le Chicago blues, enregistré à JoyRide Studio avec une équipe de vétérans comme, entre autres, Rick Kreher, ancien compagnon de route de Muddy à la guitare, Studebaker John à l’harmonica, Roosevelt Purifoy aux claviers, et Melvin “Pookie Styx” Carlisle à la batterie. Les quatorze titres, dont douze composés par Mud lui-même, alternent entre groove dansant avec « She’s Getting Her Groove On », complaintes amoureuses avec « Don’t Leave Me » et « Lover Man », et brûlots électriques avec « Strike Like Lightning ». Deux reprises paternelles de l’époque Chess, « Country Boy » et « Strange Woman », viennent rappeler les racines, mais c’est bien dans ses compositions originales que Mud Morganfield brille le plus. La production, signée Studebaker John, est organique, sans fioritures. Les cuivres de Phil Perkins ajoutent une touche soul sur certains morceaux, tandis que les chœurs féminins de Felicia Collins et Kristen Lowe apportent une chaleur gospel bienvenue. Ce qui frappe le plus, c’est la sincérité. Mud Morganfield ne joue pas au bluesman, il est le blues. Sa voix, grave et expressive, raconte une vie marquée par l’absence du père, la quête d’identité, et l’amour du public. « Deep Mud » est un disque de club, de route, de cœur. Un album à écouter fort, sans essayer de faire la comparaison avec Muddy Waters, Mud Morganfield ne cherchant assurément pas à égaler son père mais plutôt à le faire sourire, là-haut. Mission accomplie !