dimanche, 02 novembre 2025 The capital city of American music (Emeral Tiger Artist Management – Frank Roszak Promotions – 2025) Durée 32’24 – 8 Titres
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Le projet Jacktown USA est à la fois un livre et un album de musique, mais c’est également une déclaration d’amour à Jackson, Mississippi, et à son rôle méconnu mais fondamental dans l’histoire de la musique américaine. Porté par Kamel King et Joe Lee, ce projet éditorial et musical vise à réhabiliter Jackson comme épicentre culturel, en mettant en lumière ses artistes, ses clubs, ses radios et ses labels qui ont façonné le blues, la soul et bien d’autres genres. Le livre, publié par Republic Books, retrace les parcours de neuf figures emblématiques du blues et de la soul du Sud, Eddie Cotton, Zac Harmon, Stevie J. Blues, Dexter Allen, Chad Wesley, Ra’shad The Blues Kid, Four Washington, Benjamin Wright et enfin le collectif Jacktown Sons. Il mêle anecdotes savoureuses, photos d’archives, et analyses culturelles, tout en soulignant le rôle de Jackson dans la démocratisation musicale à l’époque de la ségrégation. Côté musique, dès les premières notes, l’album impose son identité, celle d’une ville qui groove, qui souffre, qui espère, et qui chante. Ce disque collectif, miroir sonore du livre éponyme, réunit huit artistes enracinés dans le terreau fertile de la capitale du Mississippi. Et chacun y apporte sa voix, son style, son histoire. On y retrouve d’ancien gagnants et accesseurs de l’International Blues Challenge comme Eddie Cotton qui nous gratifie d’un blues élégant, presque académique, où la guitare pleure avec retenue, comme Zac Harmon qui injecte une dose de modernité, flirtant avec le funk et le gospel, sans jamais trahir ses racines, ou encore comme Ra’shad The Blues Kid, qui surprend avec son timbre juvénile qui contraste avec une maturité musicale bluffante. Il chante Jackson comme on chante une mère, une amante, une terre sacrée. Stevie J. Blues et Dexter Allen incarnent la soul sudiste dans ce qu’elle a de plus viscéral avec des cuivres chauds, des grooves moelleux, et des textes qui parlent d’amour, de foi et de résilience, tandis que Jackton Sons et surtout Four Washington amènent une grosse dose de jeunesse, de funk, de R&B et de modernité à un album ne cherche pas l’uniformité mais qui revendique la diversité des sons de Jackson, du juke joint au studio high-tech, du cri du cœur au solo millimétré. Chaque morceau est une pierre dans l’édifice mémoriel que ce projet construit et Benjamin Wright, arrangeur légendaire, apporte une touche orchestrale qui élève certains titres au rang de fresques sonores. Voilà un projet hybride qui réussit, là où tant d’autres échouent, à faire dialoguer mémoire et musique, érudition et émotion. Pour les amateurs de blues, de soul, et d’histoire musicale, c’est une pépite. Pour les curieux, c’est une porte d’entrée vers une ville qui mérite enfin son titre de capitale américaine de la musique. |