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RANDY LEE RIVIERE pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
lundi, 03 novembre 2025
 

Farmhand blues
(Wilderness Records – Blind Raccoon – 2025)
Durée 64’32 – 15 Titres

https://www.randyleeriviere.com 

Randy Lee Riviere est un auteur-compositeur-interprète américain dont la trajectoire musicale s’enracine dans les années 1970, époque où le rock était brut, bruyant et viscéral. Originaire du nord de la Californie, il a grandi au son des Beatles, de Cream, Led Zeppelin, Lynyrd Skynyrd, Robin Trower et Neil Young, des influences qui ont façonné son jeu de guitare et son écriture introspective. D’abord guitariste dans plusieurs groupes, il s’est tourné vers la composition à la fin des années 70, développant une plume sensible nourrie par ses expériences personnelles et son engagement environnemental. Parallèlement à sa carrière musicale, Riviere est biologiste spécialisé dans la conservation de la faune sauvage. Il a joué un rôle clé dans la protection de plus de quarante mille acres de terres indigènes aux États-Unis. Installé entre son ranch du Montana et une maison près de Nashville, il mène une vie rurale qui imprègne ses chansons d’une authenticité brute et d’un regard lucide sur la condition humaine. L’artiste ne tourne plus beaucoup, préférant se consacrer à la création d’albums en studio, entouré de musiciens chevronnés. Sa discographie explore les méandres du blues, du rock et de l’Americana avec une intensité rare. Avec « Farmhand Blues », Randy Lee Riviere signe son quatrième album solo, un recueil de quinze titres qui résonne comme un carnet de bord sonore, entre blues tellurique et rock rugueux. Dès les premières mesures, on sent que l’homme derrière la guitare n’est pas là pour enjoliver la réalité mais pour la creuser à mains nues. Le disque s’ouvre sur des riffs terreux, portés par la voix grave et sincère de Riviere, qui évoque les luttes quotidiennes, les paysages intérieurs et les cicatrices du temps. Loin des clichés du blues rural, « Farmhand Blues » est un album de résistance poétique, où chaque chanson semble extraite du sol comme une racine tenace. La production de Tom Hambridge est à la fois ample et organique, laissant respirer les guitares de Doug Lancio, Bob Britt et Michael Saint-Leon mais aussi les claviers de Mike Rojas, tandis que la section rythmique avec Robert Kearns à la basse et Tom Hambridge lui-même à la batterie, installe une tension constante, presque cinématographique. On pense parfois à Neil Young période « Zuma », à John Mellencamp ou à Tony Joe White, mais Randy Lee Riviere ne copie personne, il préfère creuser son propre sillon. Parmi les morceaux marquants, « Moonlight », « If I Were King », « December 1980 » ou « Dovetail Joints » offrent tantôt des envolées électriques dignes des grandes heures du rock sudiste, tantôt des ambiances plus introspectives qui révèlent une écriture fine, presque littéraire. Riviere y parle de solitude, de mémoire, d’amour, de terre et même de l’assassinat de John Lennon, avec une gravité qui touche au cœur. « Farmhand Blues » est un album généreux et dense, qui s’écoute comme on lit un journal intime ou un roman noir, avec respect et attention. Pour les amateurs de blues-rock authentique, c’est une pépite à ne pas manquer.