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THE DEWEYS & THE BLACK ORCHESTRA pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
mercredi, 12 novembre 2025
 

Windwalker
(Dixiefrog – Rock’n’Hall – 2025)
Durée 39’03 – 8 Titres

https://www.thedeweys.fr 

Originaire du Sud-Ouest de la France, The Deweys est un trio à géométrie variable, né d’une envie radicale de revisiter les standards folk, rock et pop à travers une formation épurée avec deux guitares, deux voix et un harmonica. Ce minimalisme assumé devient leur signature, un déshabillage poétique des grands classiques, où chaque note respire l’intimité et la sincérité. Le groupe se nourrit de rencontres et d’invitations, évoluant au fil des collaborations. Pour leur nouvel opus, ils s’associent à The Black Cat Orchestra, une formation éphémère composée d’un quatuor à cordes et d’un percussionniste. Ensemble, ils deviennent The Deweys & The Black Orchestra, fusionnant la rugosité du folk avec la majesté orchestrale. Leur univers est traversé par les figures tutélaires de Johnny Cash, Nick Cave, Calexico ou R.L. Burnside, mais aussi par des références cinématographiques, Ennio Morricone en tête, qui teintent leur musique d’un souffle western gothique. Ce sont les hommes en noir, les chasseurs de mémoire, les conteurs de plaines et de silences. Sorti fin octobre 2025 chez Dixiefrog / Rock’n’Hall, « Windwalker » est bien plus qu’un album, c’est une traversée. Dès l’ouverture avec « El Caminito Del Rey », hommage vibrant à Morricone, les cordes de l’orchestre dessinent un paysage aride, presque sacré. On y marche comme sur une crête, entre vertige et révélation. Chaque morceau est une vignette cinématographique, « Bring Me The Night » invoque les spectres du blues avec une tension dramatique tandis que « St John The Gambler » et « The Ghost Of Ellis Island » plongent dans une Amérique fantasmée, entre exil et rédemption. « The Devil’s Daughter » et « Splitter » jouent pour leur part sur les contrastes, voix rocailleuses, arrangements élégants, et une narration qui flirte avec le mythe. Mais c’est « The Gaslamp Memories », duo avec Leelou Garms, qui cristallise l’âme de l’album avec une ballade à l’ancienne, enregistrée à La Tanière, où la voix féminine et les cordes du Black Cat Orchestra s’entrelacent dans une danse mélancolique. L’ensemble est cohérent, audacieux, et profondément émouvant. « Windwalker » est un disque qui s’écoute comme on lit un roman noir, avec la poussière dans les yeux et le cœur battant, une œuvre de maturité qui prouve que la musique peut encore raconter des histoires, des vraies, avec des fantômes, des routes, et des âmes en cavale. A installer entre « The Boatman’s Call » de Nick Cave et « Feast of Wire » de Calexico, mais surtout à écouter les yeux fermés, comme on traverse un désert.