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MARK CAMERON pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
jeudi, 13 novembre 2025
 

Blues factory
(Overton Music – Blind Raccoon – 2025)
Durée 39’10 – 10 Titres

https://markcameronmusic.net 

Mark Cameron est un chanteur, guitariste et compositeur originaire du Minnesota, actif sur la scène musicale depuis plus de trente ans. Il débute dans les années 1970 au cœur du mouvement folk-rock, avant de fonder plusieurs groupes dans les décennies suivantes. Ce parcours éclectique l’amène à se consacrer pleinement au blues à partir de 2009 avec « Life Of Illusion », un tournant marqué par des compositions originales aux grooves puissants et aux paroles mémorables. Son style, qualifié de “foot stompin’, butt shakin’ blues”, s’adresse autant aux puristes qu’aux amateurs de live endiablés. Mark Cameron ne se contente pas de recycler les standards mais s’efforce de pousser le blues hors de ses sentiers battus, avec des morceaux qui flirtent avec le swing, le rock et le boogie. Représentant de la Minnesota Blues Society à l’International Blues Challenge, il incarne une tradition locale tout en la renouvelant. Sorti le 31 octobre dernier chez Overton Music, « Blues Factory » s’annonce comme l’un des albums les plus jubilatoires de Mark Cameron. Dès les premières notes de « The Wrong Thing », on retrouve cette énergie brute et dansante qui caractérise son écriture. Le morceau « Too Hot To Boogie », déjà dévoilé en single, est un condensé de swing électrique et de riffs effervescents, taillé pour les planches. L’artiste danse avec ses démons, les regarde droit dans les yeux, et les invite à boire un verre sur « Drink On The Job », satire sociale aussi drôle que mordante. Le titre éponyme, « Blues Factory », est un hommage vibrant aux racines ouvrières du genre. On y entend les chaînes de montage, les coups de masse, mais aussi les éclats de rire et les refrains partagés après le boulot. C’est du blues qui sent la sueur, le bois et la fraternité. On accordera encore une mention spéciale à « Sugar », ballade sensuelle qui prouve que Cameron sait aussi caresser là où ça fait du bien, mais aussi à « Can’t Stand Still », manifeste rythmique contre l’immobilisme, comme un clin d’œil à tous ceux qui pensent que le blues, c’est du passé, et enfin à « Friends Like These » ou encore « Below The Bottom » qui finissent de rendre l’ensemble de l’ouvrage à la fois agréable et élégant. Enregistré avec Sheri Cameron aux saxophones, flutes et percussions, Bill Keyes aux harmonicas et Dan Schroeder à la batterie, mais aussi avec nombre d'invités, « Blues Factory » est un disque dense, taillé pour la scène autant que pour les platines. Un concentré d’énergie, d’humour et d’humanité. Mark Cameron n’y réinvente pas la roue, il la fait juste tourner à toute vitesse et nous embarque avec lui dans un road trip musical où chaque virage sent le vécu. Un album à écouter fort, de préférence avec des amis, une piste de danse, et l’envie de ne pas rester assis.