lundi, 17 novembre 2025 Western smoke (Freak Land Records – InOuïe Distribution – 2025) Durée 40’10 – 11 Titres
https://www.thefreakybuds.com
Formés à Nantes en 2018 par le chanteur et guitariste Max Genouel et le batteur Hugo Deviers, The Freaky Buds sont les enfants terribles du blues-rock français. Rejoint par des musiciens aussi fougueux que précis, le groupe puise son énergie dans les racines du blues américain, de Howlin’ Wolf à R.L. Burnside, en passant par Muddy Waters et The Red Devils. Le son des Freaky Buds est brut, incandescent, et volontairement rétro, mais jamais passéiste, et ils réinventent le blues avec une intensité moderne, mêlant improvisation, chaleur analogique et une fraternité palpable sur scène comme en studio. Leur premier album paru en 2021, « Hard Days, Fuzzy Nights », posait déjà les bases d’un univers rugueux et soulful, avec « Western Smoke », leur second opus sorti cet automne, ils franchissent un cap artistique et spirituel. Avant d’enregistrer ce nouvel album, les Freaky Buds ont traversé la Californie lors d’un road trip initiatique et cette immersion dans les paysages brûlants et les clubs mythiques a nourri leur musique d’une liberté farouche et d’une cohésion organique, ce qui donne à l’ouvrage des parfums de poussière, de cuir et de sueur. Enregistré au Greaseland Studio de San José sous la houlette du déjà légendaire Kid Andersen, ce disque est une déclaration d’amour au blues roots, mais aussi une réinvention audacieuse du genre. Dès les premières mesures, on est happé par une rythmique tendue, des guitares nerveuses et une voix qui semble surgir d’un juke joint oublié. En vivant littéralement leur blues, les Freaky Buds proposent un opus où chaque morceau est une scène de western intérieur, avec ses cavalcades électriques, ses silences poussiéreux, ses duels émotionnels. Les influences déjà évoquées sont là, bien présentes mais parfaitement digérées, et même transcendées. Le groupe ne copie pas, il convoque les esprits. Le mix est chaud, granuleux, presque tactile. On sent les amplis vibrer, les cymbales respirer, les voix s’érailler. Ce qui frappe, c’est la cohésion. Chaque titre semble né d’une fraternité musicale profonde, sans doute réaffirmée lors de l’escapade californienne qui a précédé l’enregistrement. Pas de démonstration, juste de la tension, de la sueur, et une liberté brute qui traverse l’album comme une rafale de vent chaud avec des pépites comme le single « Struggling & Shuffling », mais aussi avec « Devil's Night », « Nothing To Lose » ou encore « Mud On My Knees ». Et puis il y a les invités. Sur le morceau « Guilty », Kid Andersen lâche un solo de guitare incandescent, digne d’un duel au soleil. Chaque note fuse comme une balle, chaque bend semble faire crisser le sable sous les bottes. C’est un moment suspendu, où le blues devient cinéma. Et juste après, à la toute fin de l’album, sur « She’s Nineteen Years Old », le groupe rend hommage à Muddy Waters et invite Alabama Mike pour un duo vocal qui fait frissonner les cactus. Sa voix rugueuse et spirituelle dialogue avec celle de Max Genouel dans une transe hypnotique, entre prêche et incantation. C’est le blues comme rituel, comme feu sacré, la traversée d’un groupe qui refuse les compromis, qui joue chaque note comme si c’était la dernière, et qui transforme le blues en expérience sensorielle totale. |