Accueil du portail Zicazic.com
European Blues Union


Zicazic on Twitter. Zicazic on Facebook.

Flux RSS ZICAZINE

Qu'est-ce que c'est ?

Accueil

> MENU
 Accueil
 ----------------
 Chroniques CD's
 Concerts
 Interviews
 Dossiers
 ----------------

SEAN McDONALD pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
jeudi, 27 novembre 2025
 

Have mercy!
(Little Village Foundation – 2025)
Durée 36’59 – 9 Titres

https://www.facebook.com/MackTheMusician/ 

Né à Augusta, Géorgie, le berceau de James Brown et de Sharon Jones, Sean “Mack” McDonald incarne la relève d’un blues enraciné mais résolument tourné vers l’avenir. À seulement 24 ans, ce chanteur-guitariste à la voix de velours et aux riffs acérés a déjà foulé les scènes mythiques du King Biscuit Blues Festival et du Eastside Kings Festival à Austin, où il a littéralement électrisé le public. Repéré par Eddie Stout, figure tutélaire du label Dialtone Records, McDonald s’est rapidement imposé comme un phénomène live, enchaînant les tournées en Amérique du Sud, en Espagne, aux Pays-Bas, avant de poser ses valises en France en 2024. Son jeu de guitare, à la fois tranchant et élégant, évoque les grands maîtres du genre, tandis que son chant, tout en retenue et en groove, rappelle les inflexions d’un Robert Cray ou d’un Otis Rush. Mais Sean ne se contente pas d’imiter ses aînés, il injecte dans chaque note une urgence contemporaine, une sincérité brute qui fait mouche. Dès les premières mesures de « Have Mercy! », on comprend que Sean McDonald ne vient pas quémander l’attention mais qu’il la saisit à pleines mains. Ce premier album, coproduit avec Kid Andersen et sorti chez Little Village Foundation, est un manifeste bluesy à la fois respectueux des traditions et affranchi des carcans. La voix de l’artiste, un ténor chaleureux au phrasé légèrement en retrait du temps, évoque les grandes heures du rhythm and blues sudiste. Mais c’est surtout sa guitare qui parle avec un jeu nerveux, précis, où chaque note semble ciselée dans l’émotion pure. Il alterne les grooves moelleux façon soul de Muscle Shoals avec des envolées plus rugueuses, presque garage, qui rappellent le Chicago blues des années 60. Les morceaux s’enchaînent comme autant de vignettes d’un road trip émotionnel, ballades nocturnes, riffs moites, chœurs discrets et orgue Hammond en embuscade. On pense à Curtis Salgado, à Jontavious Willis, mais aussi à des artistes plus modernes comme Gary Clark Jr., sans jamais perdre de vue que Sean “Mack” McDonald trace sa propre route. L’album brille par sa cohérence et sa maturité. Pas de démonstration gratuite, pas de nostalgie figée, « Have Mercy! » est un disque vivant, incarné, qui donne envie de transpirer dans un club enfumé ou de rouler fenêtres ouvertes sur une route du Sud en se régalant des « My Soul », « Killing Me », « Shuffleboard Swing », « Angel Baby » ou encore « That's All I Need » qui le rendent insupportable de sensibilité et de lucidité. Une déclaration d’amour au blues à la fois vivante et vibrante, et surtout, une promesse tenue. Sean “Mack” McDonald n’est pas la relève du blues, il est déjà là, bien ancré et prêt à écrire le prochain chapitre du genre.