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THE VINE STREET SHUFFLE pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
vendredi, 28 novembre 2025
 

Zebedee
(Rock’n’Hall – Dixiefrog – 2025)
Durée 47’03 – 12 Titres

https://www.facebook.com/VineStreetShuffleBluesBand/ 

The Vine Street Shuffle est un trio instrumental français qui ressuscite l’âme du blues de Chicago avec une élégance rare et une virtuosité sans esbroufe. Composé de Philippe Quinette à la contrebasse, Aliocha Thévenet à la guitare et Marc Delmas à la batterie, le groupe s’est taillé une réputation solide sur le circuit blues hexagonal, notamment aux côtés de Cincinnati Slim, Fred Chapellier ou encore Sophie Malbec. Leur nom évoque une ruelle imaginaire où le shuffle règne en maître, et leur musique convoque les fantômes bien vivants d’un blues électrique racé, celui d’Earl Hooker, cousin de John Lee Hooker, compagnon de route de Muddy Waters et jammeur occasionnel de Jimi Hendrix. Et le trio ne se contente pas de revisiter les standards pour mieux exhumer des morceaux rares, parfois oubliés, et les réinventer avec un soin maniaque du son. Dès les premières mesures de « Zebedee », on comprend que The Vine Street Shuffle ne joue pas à faire du blues mais que le groupe le vit, il le sculpte, il le transmet. Ce premier album est un hommage incandescent à Earl Hooker, mais aussi une déclaration d’amour au blues instrumental, celui qui groove sans paroles, qui parle avec les doigts. Le trio s’attaque à des titres méconnus, loin des sentiers battus, et les réinvente avec une énergie contagieuse. Le morceau d’ouverture, « Frog Hop / The Leading Brand Medley » donne le ton, rugueux, élégant, habité, et nous emmène vers « You Gotta Lose », en duo avec Neal Black. Suivent des pépites comme The Misfit » et « You Don’t Want Me », en duo respectivement avec Denis Agenet et Sophie Malbec, mais aussi des titres comme « Blue Guitar » et « Dynamite » sur lesquels Jean-Marc Hénaux pose ses harmonicas de façon majestueuse ou encore comme « Guitar Rhumba » et « The Hucklebuck ». On remarquera également la présence de Laurent Cokelaere à la basse sur deux titres. Ce qui frappe avant tout sur « Zebedee », c’est la cohérence sonore de l’ensemble, chaque note semble pesée, chaque silence est une respiration. Le trio s’efforce à chaque instant de faire vibrer son blues, et ça fonctionne. On pense à Buddy Guy, à BB King, à Jimmy Page, mais surtout à Earl Hooker lui-même, dont l’esprit plane sur chaque riff. « Zebedee » n’est pas un album de revival mais plutôt une réactivation du blues, une manière de dire que cette musique est toujours là, qu’elle peut encore surprendre, émouvoir, faire danser. Un disque à écouter fort, à vivre et à défendre.